Égypte
Rencontre privée entre Frères musulmans et opposition
Des responsables des Frères musulmans et des représentants de l’opposition libérale se sont rencontrés samedi en privé pour tenter d’apaiser les tensions en Égypte, où les manifestations contre les islamistes au pouvoir ont provoqué la mort d’une soixantaine de personnes depuis fin janvier, selon des responsables politiques. L’opposition laïque et libérale avait jusqu’à présent refusé toute discussion avec Mohammad Morsi, le chef de l’État, issu des Frères musulmans, démocratiquement élu à la suite du renversement de Hosni Moubarak en février 2011. Par ailleurs, le procureur général égyptien a émis hier un mandat d’amener à l’encontre d’un prédicateur islamiste extrémiste accusé d’insulte à la religion après une plainte déposée par un militant chrétien, a indiqué une source judiciaire. Ahmad Mohammad Abdallah, dit « Abou Islam », est déjà en cours de jugement pour avoir déchiré puis brûlé un exemplaire de la Bible devant l’ambassade des États-Unis lors d’une manifestation dénonçant un film islamophobe produit aux États-Unis.
Appels à la désobéissance civile à Port-Saïd
Des milliers de manifestants à Port-Saïd, en Égypte, ont vidé hier des bâtiments officiels de leurs employés, appelant à la désobéissance civile et réclamant justice pour les dizaines de personnes tuées le mois dernier dans des affrontements avec la police. Selon des témoins, les manifestants ont aussi forcé des écoles, des banques et des usines à fermer et ont brièvement bloqué une ligne de chemins de fer dans cette ville qui longe le canal de Suez. Les manifestants réclament justice pour la mort d’au moins 40 personnes, tuées dans des affrontements avec la police après la condamnation à mort fin janvier de 21 supporteurs de football locaux, accusés d’être impliqués dans des violences ayant fait 74 morts l’an dernier après un match de foot.
Plus de licences d’alcool dans les quartiers résidentiels
Le gouvernement égyptien ne délivrera plus de licences de vente d’alcool dans les nouveaux quartiers résidentiels du Caire, d’Alexandrie et d’autres grandes villes pour des raisons de « sécurité », d’après Nabil Abbas, vice-président de l’Autorité des nouvelles communautés urbaines (NUCA). « Des représentants des habitants des nouvelles banlieues se sont plaints du fait que la vente d’alcool provoque des problèmes comme des agressions de femmes ou des coups de sonnette intempestifs aux portes », a-t-il justifié. Nabil Abbas a ajouté que les habitants qui vivent près des magasins d’alcool avaient exprimé leur inquiétude en raison des pillages dont ces derniers ont été la cible depuis la révolution et la dégradation des conditions de sécurité qui en a résulté.
Bahreïn
Démantèlement d’une « cellule terroriste » liée au Liban, à l’Iran et l’Irak
Les autorités de Bahreïn ont annoncé le démantèlement d’une « cellule terroriste » qui serait liée à l’Iran, l’Irak et le Liban et dénoncé l’escalade de la violence dans le royaume où l’opposition chiite a intensifié ses protestations. Le ministre de l’Intérieur cheikh Rached ben Abdallah al-Khalifa a pour sa part dénoncé la récente « escalade de la violence » dans le petit royaume gouverné par une dynastie sunnite, où un policier et un manifestant chiite ont été tués jeudi au cours de manifestations marquant le deuxième anniversaire du soulèvement contre la monarchie.
Yémen
Trois Albanais condamnés à 6 ans de prison pour trafic d’armes
La justice yéménite a condamné hier trois marins albanais à six ans de prison chacun pour trafic de matériel militaire, a-t-on indiqué de source judiciaire, en référence aux trois hommes arrêtés en décembre dans un port du sud-est du pays en possession d’une cargaison de 179,5 tonnes de munitions. Selon l’acte d’accusation, le bateau avait mouillé pendant près de cinq mois dans les eaux internationales et dans les eaux territoriales du Yémen, avant que son équipage ne mette le cap sur le port de Moukalla pour faire passer la cargaison à « des suspects ou des groupes hors la loi ».
Viande de cheval
Un tiers des Britanniques renonce aux plats préparés
Près d’un tiers des Britanniques ont décidé de ne plus acheter de plats préparés suite au scandale de la viande de cheval vendue pour du bœuf, et sept pour cent des personnes interrogées disent avoir arrêté de manger de la viande, selon un sondage publié hier. L’enquête, menée par ComRes et publiée par le Sunday Mirror et The Independent on Sunday, révèle que 31 % des personnes interrogées ont renoncé aux plats préparés à la suite de ce scandale, qui s’étend à toute l’Europe. Par ailleurs, 53 % des Britanniques se disent favorables à interdire l’importation de tous les produits à base de viande « jusqu’à ce qu’on soit certain de leur origine », selon ce sondage, mené mercredi et jeudi auprès de 2 002 adultes. Seuls 33 % sont opposés à une telle interdiction.
Appui aérien
L’OTAN suivra les nouvelles consignes de Karzaï
Le général Joseph Dunford, commandant de l’ISAF, le bras armé de l’OTAN en Afghanistan, a indiqué hier que la coalition suivrait les recommandations du président Karzaï, qui a interdit à ses forces de sécurité de demander l’appui aérien des troupes de l’OTAN. Le chef de l’État afghan avait annoncé samedi qu’il avait signé un décret en ce sens, « quelles que soient les conditions », après que dix civils, la plupart des femmes et des enfants, eurent été tués lors d’un bombardement américain dans l’est du pays dans la nuit de mardi à mercredi. L’aide aérienne comprend également l’assistance médicale qu’apporte la coalition aux policiers et soldats afghans blessés au combat.
Allemagne
Un ministre veut une enquête sur les conditions de travail chez Amazon
Un ministre allemand a appelé hier à une enquête sur les conditions de travail des employés saisonniers du géant d’Internet Amazon, après une émission de télévision dénonçant des pratiques discriminatoires. Ce reportage affirmait notamment que la société avait recours à une société de sécurité employant des néonazis pour surveiller certains de ses salariés, et que ceux-ci, pour la plupart des étrangers, touchaient des salaires inférieurs à ceux qui leur avaient été promis. « Il y a un fort soupçon, il va donc falloir examiner les faits attentivement », a ainsi déclaré la ministre du Travail Ursula von der Leyen au journal Die Welt am Sonntag, ajoutant : « Si l’enquête montre que ces accusations sont vraies, l’agence de placement qui a embauché les travailleurs pourrait perdre sa licence. »
Cameroun
Menacé, un avocat d’homosexuels cherche la protection US
Il défend des gays et des lesbiennes dans un pays où l’homosexualité reste un délit : un avocat camerounais se dit menacé de mort et cherche la protection des États-Unis, qui suivent de près avec des ONG le sort des homosexuels au Cameroun. Michel Togué, inscrit au barreau de Yaoundé, est réputé, avec sa consœur Alice Nkom, pour défendre des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuées (LGBTI). Depuis cinq mois, Me Togué affirme recevoir par téléphone, courrier électronique et SMS des « menaces de mort » qui visent aussi sa famille. Il s’en était ému en octobre à Yaoundé et l’a réaffirmé ces derniers jours à Washington, où il est réfugié avec sa famille. Il est soutenu par les associations All Out et Robert Kennedy Center for Justice and Human Rights, a été reçu au département d’État et a été honoré par l’ancienne secrétaire d’État Hillary Clinton. Les menaces n’ont pourtant pas cessé. Ses enfants et son épouse sont « demandeurs d’asile », mais Me Togué compte retourner dans son pays dans les prochains jours car « ce serait lâche d’abandonner, c’est mon devoir de défenseur des droits de l’homme de contribuer à ce que le Cameroun soit plus tolérant ».
Darfour
Il faut 6 milliards USD pour la relance économique
La région soudanaise du Darfour ravagée par la guerre civile depuis dix ans a besoin de 6 milliards de dollars pour relancer son économie, a déclaré hier le plus haut responsable de la région, Eltigani Seisi, appelant au soutien de la communauté internationale. « Sans un soutien de la communauté internationale, comment pourrions-nous stabiliser la situation sur le terrain ? Et comment les habitants du Darfour pourraient-ils recueillir les dividendes d’une paix ? » s’est-il ainsi interrogé. L’Autorité régionale du Darfour que préside Eltigani Seisi a été créée pour appliquer l’accord de Doha, en référence à l’accord conclu en 2011 entre des factions rebelles et Khartoum.

