« D’abord, il faut un pape qui sache parler au monde, au-delà du monde catholique, présentant la foi comme un grand message positif. Il lui faudra être en sympathie avec les autres, ne plus être trop autoréférentiel et replié sur l’intérieur » de l’Église, juge Andrea Tornielli, vaticaniste du site très renommé Vatican Insider, qui reconnaît pourtant beaucoup de qualités à Benoît XVI, saluant son honnêteté et sa hauteur de vues. Interrogés sur la place Saint-Pierre, les catholiques, surtout jeunes, saluent la dignité qu’a montrée le pape allemand en démissionnant en raison de son âge. Ils souhaitent désormais un message « plus jeune » : « Je veux quelqu’un avec un esprit jeune qui soit plus flexible », affirme Ieva Tamosaityte, musicienne lituanienne de 25 ans. Bart Vanhattan, un Allemand de 20 ans, renchérit : « J’attendais plus de lui, spécialement sur l’homosexualité. J’espère que le nouveau pape sera plus progressiste. »
Le prochain pape devra « avoir plus de vigueur », estime de son côté Tornielli, et le précédent créé par la démission permet de penser à des « pontificats à temps limité ». Ce qui paradoxalement pourrait redonner des chances à des cardinaux approchant des 80 ans et talentueux qui, s’ils sont encore en bonne forme, pourraient envisager des règnes courts. Le biographe du pape, Marco Politi, est sans complaisance sur l’ère Ratzinger, même s’il reconnaît dans le pape un grand théologien : « Il faut un pape qui sache gouverner et ne soit pas seulement un intellectuel ! » « Des problèmes n’ont pas été affrontés », tranche ce vaticaniste du quotidien Fatto Quotidano, qui estime qu’« un climat de conformisme a régné pendant huit ans, pendant lesquels personne n’osait prononcer des paroles contraires ». Du fait de l’étouffement des critiques, une grande incertitude règne sur l’issue du conclave : « Nous ne savons pas ce qu’il y a dans les têtes des cardinaux », selon Marco Politi, pour qui « un homme du centre » devrait cependant sortir élu de ce conclave, dont la date pourrait d’ailleurs être avancée pour permettre au futur pape de bien se préparer aux fêtes de Pâques, ont indiqué hier des sources vaticanes.
Vestiges médiévaux
Les propos de Politi rejoignent ceux que tiennent les ecclésiastiques au Brésil, plus grand pays catholique de la planète mais dont le nombre de fidèles est en baisse depuis quelques décennies. Pour le frère dominicain et écrivain Frei Betto, ami de l’ancien président cubain Fidel Castro et de l’ex-président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, le prochain pape devra avant tout lever les tabous sur des thèmes comme le célibat des prêtres, le sacerdoce des femmes, le mariage homosexuel, l’utilisation des préservatifs et l’avortement. « Peu importe si le prochain pape est brésilien, philippin, bien qu’il soit peu probable qu’il ne soit pas européen. Je veux un homme ouvert au dialogue avec le monde moderne, au dialogue interreligieux (...), l’Église catholique a des vestiges médiévaux, elle n’a pas atteint la modernité et a du mal à se faire au monde informatique », a-t-il déclaré.
(Source : AFP)


Avant sa démission, de quelques semaines, le Pape n'avait-il pas qualifié Abou Mazen de Président de " l'Etat de Palestine " ? déclaratrion qui avait soulevé un tollé dans les parages ?
06 h 24, le 17 février 2013