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Moyen Orient et Monde - Tunisie

Jebali menace de démissionner si...

Le Premier ministre tunisien Hamadi Jebali se livrait hier à d’ultimes consultations pour former un gouvernement apolitique, contre l’avis de son parti. Il a d’ores et déjà assuré qu’il démissionnerait en cas d’échec à faire accepter son nouveau cabinet, dont il comptait présenter la composition aujourd’hui, mais en fin de soirée, il a annoncé que les pourparlers se poursuivraient lundi.
Les discussions réunissent les principaux chefs politiques, dont ceux de la coalition au pouvoir, l’islamiste Rached Ghannouchi pour Ennahda, Mustapha Ben Jaafar pour Ettakatol et Mohammad Abbou du Congrès pour la République (CPR), parti du président Moncef Marzouki. L’opposition y est notamment représentée par Béji Caïd Essebsi, chef de Nida Tounès, un parti centriste en plein essor, Néjib Chebbi, pour le Parti républicain et Kamel Morjane, ex-ministre du président déchu Ben Ali et chef du parti Moubadara.
M. Jebali travaille à la composition d’un gouvernement sans personnalités politiques depuis le 6 février, jour de l’assassinat retentissant de l’opposant Chokri Belaïd. M. Jebali peut se targuer du soutien de l’opposition laïque, des organisations syndicales et patronales ainsi que d’une large part de la société civile pour qui ce gouvernement apolitique est la seule solution pour stabiliser le pays. Ennahda a de son côté prévu une vaste manifestation cet après-midi à Tunis pour défendre sa « légitimité » à gouverner le pays, un mot d’ordre clairement destiné à désavouer le Premier ministre et numéro 2 du parti, un modéré en conflit avec sa direction dominée par les radicaux.

Symbole
Parallèlement, les proches de Chokri Belaïd prévoient aujourd’hui deux cérémonies à sa mémoire, alors qu’aucune avancée dans l’enquête n’a été annoncée. Besma Khalfaoui, veuve de l’opposant, s’est muée en symbole de l’opposition laïque et bête noire des islamistes. À 42 ans, elle semble déterminée à reprendre le flambeau. « C’est en Chokri que je puise mon courage. Je poursuivrai son combat », dit-elle, accusant sans hésitation Ennahda.
Les conflits sociaux souvent violents se multiplient aussi sur fond de misère et de chômage, à l’origine de la révolution. Sans oublier l’essor d’une mouvance salafiste jihadiste. D’ailleurs des jihadistes, profitant de la crise politique, ont décuplé leurs activités cette semaine, organisant notamment des patrouilles de « maintien de l’ordre » dans plusieurs villes. Portant des gilets orange, armés de gourdins et circulant à pied, à moto ou en voiture, des dizaines de jihadistes se sont répandus de nuit, leur bannière noir et blanc déployée, pour « protéger les gens et les biens », clame la page officielle de Facebook d’Ansar el-Charia, leur groupe.
Sur un autre plan, une délégation de députés français a rencontré jeudi et vendredi à Tunis des représentants de tous les partis politiques du pays, dont Ennahda, ce qu’a fustigé le coprésident du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon.
(Source : AFP)
Le Premier ministre tunisien Hamadi Jebali se livrait hier à d’ultimes consultations pour former un gouvernement apolitique, contre l’avis de son parti. Il a d’ores et déjà assuré qu’il démissionnerait en cas d’échec à faire accepter son nouveau cabinet, dont il comptait présenter la composition aujourd’hui, mais en fin de soirée, il a annoncé que les pourparlers se poursuivraient lundi.Les discussions réunissent les principaux chefs politiques, dont ceux de la coalition au pouvoir, l’islamiste Rached Ghannouchi pour Ennahda, Mustapha Ben Jaafar pour Ettakatol et Mohammad Abbou du Congrès pour la République (CPR), parti du président Moncef Marzouki. L’opposition y est notamment représentée par Béji Caïd Essebsi, chef de Nida Tounès, un parti centriste en plein essor, Néjib Chebbi, pour le Parti...
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