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Moyen Orient et Monde - Mali

Les Français bombardent des islamistes à Gao où la tension reste vive

Les jihadistes montrent leurs capacités de résistance ; le marché de la plus grande ville du Nord évacué par crainte d’attentat.
La tension restait vive hier à Gao, dans le nord du Mali, au lendemain d’affrontements violents. La plus grande ville du nord du pays avait en effet été dimanche le théâtre de combats de rue entre soldats maliens et français, et des combattants jihadistes. Au moins deux islamistes et trois civils ont alors été tués dans les heurts, qui ont également fait 17 blessés, 15 civils et deux soldats maliens, selon des médecins à l’hôpital de la ville.
Hier, le principal marché de la ville, qui se trouve à proximité du commissariat où des islamistes armés s’étaient retranchés dimanche, a été évacué en début d’après-midi par les forces de sécurité. « Nous sommes dans la crainte d’un attentat, c’est pour cela que pour des raisons de sécurité, nous avons évacué le marché de Gao », a déclaré un officier de l’armée malienne. Les accès menant au commissariat ont été bouclés et des militaires français patrouillaient dans le secteur, tandis que d’autres déminaient les ruines du bâtiment, détruisant notamment une roquette dans une explosion contrôlée. De même, le commissariat, ancien siège de la « police islamique » mise en place par le groupe islamiste du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) lorsqu’il occupait la ville, a été bombardé hier à l’aube par un hélicoptère de l’armée française, selon des témoins. Un journaliste de l’AFP a constaté que le bâtiment avait été totalement détruit et a également vu de nombreux fragments de corps humains aux alentours. Hier matin, des centaines de curieux, hommes, femmes et enfants, étaient d’ailleurs rassemblés devant le bâtiment, criblé d’impacts d’obus et de mitrailleuse lourde.

« Deuxième phase des opérations »
Les combats à Gao, à 1 200 km de Bamako, sont le signe d’un regain d’activités des islamistes armés qui avaient dans un premier temps fui les villes reprises par les soldats français et maliens fin janvier. Pour la première fois dans l’histoire du Mali, ils ont commis à Gao en deux jours deux attentats-suicide contre un poste de contrôle de l’armée malienne à la sortie nord de la ville. Ces attentats, comme l’attaque du commando dimanche, ont été revendiqués par le Mujao – groupe également accusé de diverses activités criminelles dont le trafic de drogue – qui tenait totalement la ville depuis juin 2012, y commettant de nombreuses exactions au nom d’une interprétation rigoriste de la charia.
Ces attaques sont « la deuxième phase des opérations », a estimé Pascal Le Pautremat, universitaire, spécialiste des questions militaires et du nord du Mali, affirmant qu’elles étaient « envisagées et prévisibles ». Entamée le 11 janvier pour stopper une offensive jihadiste vers le Sud et la capitale malienne Bamako, l’avancée des soldats français et maliens s’est faite presque sans aucune résistance. Mais depuis quatre jours, les islamistes ont montré qu’ils n’avaient pas tous fui et ont prouvé leur capacité de résistance à Gao, reprise le 26 janvier par les soldats français et maliens, ce qui semble marquer un tournant dans leur stratégie.
Dans ce contexte, le président français François Hollande a assuré hier que la France était entrée dans une phase de « sécurisation » au Mali et qu’elle irait « jusqu’au bout » pour « ne pas laisser un seul espace » de ce pays « sous le contrôle des terroristes ». Un mois jour pour jour après le lancement de l’opération Serval, « l’essentiel du territoire malien a été libéré, aucune ville n’est occupée par un groupe terroriste, aucun des réseaux ou groupes qui jusque-là mettaient en péril la vie des Maliens n’est capable de mener une véritable offensive », a déclaré M. Hollande lors d’une conférence de presse aux côtés du président nigérian Goodluck Ebele Jonathan, dont le pays assure le commandement de la Misma (Mission internationale de soutien au Mali).
Par ailleurs, la Norvège s’est dit hier prête à envisager une contribution à une force de maintien de paix de l’ONU au Mali, mais pas à la mission européenne de formation de l’armée malienne, selon le ministère norvégien des Affaires étrangères dans un communiqué.
(Source : agences)
La tension restait vive hier à Gao, dans le nord du Mali, au lendemain d’affrontements violents. La plus grande ville du nord du pays avait en effet été dimanche le théâtre de combats de rue entre soldats maliens et français, et des combattants jihadistes. Au moins deux islamistes et trois civils ont alors été tués dans les heurts, qui ont également fait 17 blessés, 15 civils et deux soldats maliens, selon des médecins à l’hôpital de la ville.Hier, le principal marché de la ville, qui se trouve à proximité du commissariat où des islamistes armés s’étaient retranchés dimanche, a été évacué en début d’après-midi par les forces de sécurité. « Nous sommes dans la crainte d’un attentat, c’est pour cela que pour des raisons de sécurité, nous avons évacué le marché de Gao », a déclaré un...
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