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Moyen Orient et Monde

Le processus d’élection d’un nouveau souverain pontife

OLJ
12/02/2013
Lorsque le chef de l’Église catholique renonce à sa fonction ou meurt, son successeur est élu par les cardinaux réunis en conclave dans la chapelle Sixtine et isolés du monde extérieur.
Au cours de ses deux mille ans d’histoire, l’Église catholique a modifié plusieurs fois les modalités de la désignation d’un pape avant d’en venir tardivement à la formule actuelle du conclave. Rien dans l’Évangile ne précise en effet comment choisir le successeur de saint Pierre.
L’intervention de souverains ou de grandes familles, voire de la force armée, dans le choix des papes a conduit Nicolas II à réagir en publiant en 1060 la bulle In Nomine Domini. Ce texte a codifié durablement l’élection des papes qui n’est désormais plus entre les mains des laïcs, mais exclusivement réservée aux cardinaux.
Le 21 novembre 1970, Paul VI avait défini les caractéristiques actuelles du collège électoral : l’âge limite d’un cardinal pour participer à l’élection est 80 ans, et le nombre maximum des cardinaux électeurs est de 120. Jean-Paul II avait confirmé ces caractéristiques en février 1996 par sa Constitution apostolique « Universi Domini Gregis » (Tout le troupeau du Seigneur).
Ces dernières années, l’internationalisation croissante du collège des cardinaux a rendu de plus en plus aléatoire toute prévision sur l’issue d’un conclave.
L’élection d’un pape doit se dérouler à l’écart de toute pression extérieure, le conclave (cum clave – sous clef) étant coupé du monde extérieur.
Cet isolement existe depuis qu’en 1271, à Viterbe (Italie), alors que les cardinaux ne parvenaient pas à se mettre d’accord pour trouver un successeur à Clément IV, les chrétiens les ont enfermés et les ont mis au pain sec et à l’eau pour les inciter à élire rapidement un nouveau pape.
L’élu, Grégoire X, a érigé cette pratique en règle, à l’exception du régime au pain et à l’eau.
Aujourd’hui, des aménagements spéciaux ont été réalisés au Vatican afin d’assurer l’isolement des « grands électeurs », mais aussi leur permettre de vivre avec un minimum de confort pendant la durée du conclave, car nombre d’entre eux sont âgés.
Les cardinaux entrent en conclave 15 jours au moins, 20 jours au plus, après la mort ou le renoncement d’un pape. Ils passent en cortège de la chapelle Pauline à la chapelle Sixtine. Ensuite, les portes sont fermées, les clefs retirées, et l’isolement est vérifié par le cardinal camerlingue à l’intérieur et le préfet de la Maison pontificale à l’extérieur.
Les cardinaux n’ont pas le droit de voter pour eux et doivent, à tour de rôle, prêter le serment de respecter le secret du vote et d’en accepter le résultat. Ils jurent également que celui d’entre eux qui sera élu ne renoncera jamais à revendiquer la plénitude des droits du pontife romain.
Les opérations de vote se déroulent dans la chapelle Sixtine, avec deux scrutins le matin et deux le soir. Les bulletins de vote sont brûlés. Le cardinal qui est élu est celui qui a recueilli les deux tiers des voix. En cas d’impasse, un vote à la majorité absolue est possible.
Lorsque ce résultat est atteint, le doyen des cardinaux demande aussitôt à l’élu s’il accepte l’élection. Si c’est le cas, celui-ci devient pape sur-le-champ et sa juridiction s’étend immédiatement sur les catholiques du monde entier.
Le nouveau pape doit alors déclarer quel nom il choisit comme pontife.
Pendant le déroulement des scrutins, un poêle installé dans la chapelle Sixtine informe la foule des fidèles traditionnellement rassemblée sur la place Saint-Pierre du résultat des votes. Si la fumée est noire, il n’y a pas d’élu. Si la fumée est blanche, un nouveau pape a été élu.
© AFP

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