L’opposition avait annoncé quelques heures avant l’ouverture du dialogue qu’elle allait participer à la séance inaugurale mais que la poursuite de sa participation au dialogue – qui se tiendra trois fois par semaine – dépendrait des réponses à ses demandes d’éclaircissement en neuf points. L’opposition est également réservée sur le format du dialogue, qui regroupe 27 délégués représentant l’opposition, les groupes politiques sunnites soutenant le pouvoir, et le gouvernement.
Le dialogue intervient à l’approche du deuxième anniversaire du soulèvement du 14 février 2011, conduit par les chiites, majoritaires dans le royaume, qui réclamaient l’instauration d’une monarchie constitutionnelle dans le royaume gouverné par une dynastie sunnite, les al-Khalifa. L’opposition organise depuis une semaine des manifestations quotidiennes devant culminer le 14 février.
Alors que le dialogue s’ouvrait au sud de Manama, des milliers de personnes défilaient à une quinzaine de kilomètres de là à l’appel de la puissante formation de l’opposition chiite, al-Wefaq, dans la localité chiite de Sitra, selon des témoins. Brandissant des drapeaux bahreïnis rouges et blancs, les manifestants répétaient « Khalifa, démissionne », à l’adresse du Premier ministre, cheikh Khalifa ben Salmane el-Khalifa, un oncle du roi en poste depuis 1974. Mais dans un signe d’une radicalisation de la rue, des dizaines de jeunes ont manifesté hier soir dans des villages chiites entourant Manama, à l’appel d’un collectif radical clandestin, le « Mouvement du 14 février ». « Non au dialogue », « Le peuple veut la chute du régime », ont-ils scandé selon des témoins.
Les autorités avaient réprimé en mars 2011 le soulèvement populaire et des troupes venant des monarchies voisines du Golfe, notamment d’Arabie saoudite, sont depuis déployées dans le royaume qui abrite le siège de la Cinquième Flotte américaine. Les autorités accusent l’Iran chiite de soutenir l’opposition, ce que Téhéran dément, affirmant que le soulèvement de 2011 a été déclenché dans le sillage du « printemps arabe ». Et même si le pouvoir s’est engagé à appliquer les recommandations d’une commission d’enquête indépendante, qui a critiqué le recours excessif à la force face aux manifestations en 2011, il n’a fait aucune concession politique de fond à l’opposition.
(Source : AFP)

