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Liban - Éclairage

Un document d’entente plus que jamais d’actualité

Lorsque le 6 février 2006 le général Michel Aoun a signé avec le secrétaire général du Hezbollah le fameux document d’entente entre leurs deux formations, il savait qu’il s’engageait pour l’avenir et qu’il ne s’agissait pas d’une alliance électorale ou éphémère comme il y en a tant au Liban. Cette démarche s’inscrivait chez le chef du CPL dans le cadre de sa vision stratégique des développements dans la région, sur le plan de la présence chrétienne qu’il sentait déjà menacée dans les années 1990 et à laquelle il fallait assurer un filet de sécurité, et sur celui de la montée des extrémismes confessionnels dont le Liban commence à faire les frais, sachant qu’il avait tiré la sonnette d’alarme sur le sujet dans une lettre adressée au président français François Mitterrand.
Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si cette année en particulier le Hezbollah et le CPL ont décidé de célébrer le septième anniversaire de leur alliance en lui prédisant un long avenir. Dans le passé, de nombreux adversaires ou rivaux du général disaient qu’il était la partie perdante dans ce duo, en assurant une couverture chrétienne au Hezbollah, sans obtenir de contrepartie valable. Mais aujourd’hui, la situation est totalement différente, notamment dans l’approche de la loi électorale. Aoun a réussi à entraîner son allié, le Hezbollah, et l’allié de son allié le mouvement Amal dans un projet de loi électorale, dit « grec-orthodoxe », qui au départ était contraire à leurs principes basés sur « les mélanges confessionnels pour consolider l’entente nationale ». D’ailleurs, c’est sur cette position affirmée à plusieurs reprises tant par les cadres du Hezbollah que par le président de la Chambre Nabih Berry qu’avaient misé les rivaux du général Aoun pour faire échouer ce projet censé assurer une véritable parité entre chrétiens et musulmans. Le 14 Mars – et en particulier les parties chrétiennes au sein de cette alliance – était convaincu que l’appui du Hezbollah et de Amal à ce projet ne pouvait pas durer et que ces deux mouvements finiraient par dévoiler la manœuvre et laisser Aoun affaibli, face à son projet irréalisable, adopté, pensaient-ils, dans le cadre d’une surenchère populiste. Mais la réalité a été différente. Tout en précisant que ce projet n’est pas leur choix initial, qui est soit celui du gouvernement, soit la proportionnelle avec une circonscription unique, Amal et le Hezbollah ont clairement affirmé qu’en matière de loi électorale, ils soutiennent le général Aoun. Les réunions se sont multipliées et les débats se sont envenimés, mais la position d’Amal et du Hezbollah est restée inchangée, reposant sur une volonté sincère de rassurer le camp chrétien en tenant compte de ses appréhensions. Cette position a rendu difficile un éventuel recul des Kataëb et des Forces libanaises, qui s’étaient engagés à Bkerké à tout faire pour rééquilibrer la représentation au Parlement de manière à permettre aux chrétiens d’élire leurs députés. Jusqu’à présent, aucune formule aboutissant à l’élection de 64 députés chrétiens par les voix chrétiennes meilleure que le projet grec-orthodoxe n’a été trouvé et alors qu’Amal et le Hezbollah commencent à préparer les machines électorales sur cette base, la confusion règne au sein du 14 Mars, entre les Kataëb et les Forces libanaises, d’une part, le courant du Futur de l’autre. Dans les débats qui ont eu lieu, derrière les murs du 14 Mars, les Kataëb et les FL font la comparaison entre leur principal allié musulman, le courant du Futur et celui du général Aoun, le duo Amal-Hezbollah.
Un autre élément est venu donner à la célébration cette année une coloration différente, celle de la montée de l’extrémisme musulman qui commence à pointer son nez au Liban et qui rend désormais dérisoires les accusations portées contre le Hezbollah et son respect de wilayet el-faqih. On se souvient que la veille de la rencontre entre Michel Aoun et Hassan Nasrallah à Mar Mikhaël, une manifestation extrémiste de protestations contre des atteintes au Prophète Mohammad avait atterri à Achrafieh, effrayant les chrétiens et agressant les églises. À l’époque, le 14 Mars avait minimisé la portée du phénomène, précisant qu’il s’agissait d’un accident et assurant que ceux qui avaient attaqué Achrafieh n’avaient rien à voir avec eux. Mais depuis, il y a eu les événements du Akkar et ceux de Ersal, ainsi que les discours confessionnels outranciers de certains députés membres du bloc du Futur, sans parler des informations sur les exactions commises par les extrémistes contre les citoyens et en particulier les chrétiens et les membres des autres minorités, en Syrie et ailleurs dans le monde arabe. Toutes ces données pourraient aujourd’hui pousser à une réflexion en profondeur sur les véritables menaces qui pèsent sur la région. Le général Aoun, lui, se contente de rester serein et confiant, convaincu d’avoir fait les bons choix au bon moment.

 

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commentaires (8)

Entre un document d'entente... et un document d'attente entre deux parties ... il y a encore beaucoup de temps et d' espace ...pour situer , harmoniser, voir expliciter ... les volontés , les demandes réelles... des uns et des autres par rapport à autrui...! vu que l'actualité , dans sont devenir immédiat a une exigence factuelle de ne relater que des vérités validées du moment ...! donc abonnez vous en live à l'OLJ....(lol)

M.V.

10 h 10, le 07 février 2013

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Commentaires (8)

  • Entre un document d'entente... et un document d'attente entre deux parties ... il y a encore beaucoup de temps et d' espace ...pour situer , harmoniser, voir expliciter ... les volontés , les demandes réelles... des uns et des autres par rapport à autrui...! vu que l'actualité , dans sont devenir immédiat a une exigence factuelle de ne relater que des vérités validées du moment ...! donc abonnez vous en live à l'OLJ....(lol)

    M.V.

    10 h 10, le 07 février 2013

  • Tout cela ne sert a rien. Il n'y aura pas d'elections jusqu'en 2015. Qui vivra verra.

    Gerard Avedissian

    09 h 19, le 07 février 2013

  • Au niveau chrétien et en termes strictement stratégiques, l'accord de Michel Aoun avec le Hezbollah est l'équivalent de celui de Samir Geagea avec le bloc du Futur. La différence c'est ce que les armes du Hezb donne à M.A. une force dissuasive que S.G. ne peut avoir. C'est pourquoi la bonne stratégie consisterait à utiliser ces deux positionnements pour consolider la présence chrétienne au Liban à long terme. Ces deux attitudes incarnent en fait l'application de la Sigha de cohabitation constitutionnelle. Mais pour réaliser cela une condition s'impose, à savoir que M. A. arrive à un moment donné à convaincre son allié de faire acte d'allégeance exclusive au seul Etat libanais. Il serait peut-être temps de tenir un nouveau discours qui consisterait à rassembler les leaders chrétiens et orienter leurs actions vers plus de bon sens et de sérénité. Ce n'est pas la bataille des chefs chrétiens qui permettra d'atteindre les objectifs stratégiques sus recherchés...! Salim F. Dahdah

    Salim Dahdah

    05 h 37, le 07 février 2013

  • Que Mme Haddad écrive encore une fois et, pour la circonstance, un panégyrique spécial du général Aoun et de "sa vision stratégique par son alliance avec sayyed Hassan Nasrallah, soit avec le duo Hezbollah-Amal", alliance infiniment "meilleure que celle avec le courant du Futur, qui ne vaut rien, de ses rivaux les kataeb et les Forces libanaises", c'est son droit. Qu'elle ne reconnaisse pas que, par cette alliance, le général a été principalement la couverture la plus précieuse à toutes les exactions du Hezbollah (pour ne pas dire autre chose..), comme le 7 mai 2008, dans la vie politique du Liban et même à son "terrorisme en Bulgarie" et tant d'autres endroits, ce qui est le sujet brûlant du jour, disons que c'est son droit aussi. Les sympathies ont leurs raisons que la raison ne connaît pas. Mais qu'elle consacre la plus grande partie de son article à louer le "triomphe (!) du général Aoun par la persistance de son allié, ledit duo, à l'appuyer dans la loi (électorale) orthodoxe", c'est décevant. Le projet de loi électorale Ferzli en question, en effet, est le projet le plus pernicieux qui pouvait être imaginé et élaboré. Il ramène le Liban plus d'un siècle en arrière et suggère que ce pays ne vaut même pas la peine d'exister, car il ne sera jamais un pays, mais un agglomérat de confessions rétrogrades et stupides.

    Halim Abou Chacra

    05 h 11, le 07 février 2013

  • En prenant le contre pied de la réflexion qui dit en toute alliance il y a un gagnant, je dirai il y a aussi un perdant, entre le CPL et le hezb/amal, on disait dès le départ qui le CPL ne gagnait rien au change, il perdait donc en 1er, mais son obstination forcèment poussée par l'honnêteté de son président a fait qu'aujourd'hui , il est arrivé à faire accepter à ses alliés quelque chose qu'ils n'auraient pas accepté hier.Et c'est là le vrai sens d'une alliance, on se concerte , on évalue et on met de l'eau dans son... ( je vais pas oser l'écrire...lol..).Et pour rester dans la comparaison, de l'autre côté, celui du 14 mars, quel est le sens de leur alliance si ce n'est qu'exclusivement basé sur le fric et le pognon rien que l'oseille...Ils n'ont a pas d'idées, pas d'imagination, avec eux tout ne carbure qu' à coup de usd dont on ne connait jamais l'odeur.Ce genre de scrutin, loin d'être parfait, aura le mérite de refaire marcher le Liban sur ses pieds, les élus seront choisis en connaissance de leurs idées parce que choisis par leurs communautés respectives, et non par des capitaux qui n'ont pas de nom. Scarlett qui se répéte, j'adore...

    Jaber Kamel

    04 h 45, le 07 février 2013

  • Dans toute alliance, il y a toujours forcemment Un Gagnant...

    Cadige William

    01 h 33, le 07 février 2013

  • Merci Scarlett de projeter la lumiere sur un ilot de terre ferme au milieu de cette mare de sable mouvant qui nous entoure.

    Sylvie Baaklini

    23 h 37, le 06 février 2013

  • Brillante analyse de Scarlett...en théorie,tout colle mathématiquement...tout est "exact"...seulement voilà...il y a quand même un hic...c'est que nous sommes au Liban...et qu'au Liban la mathématique électorale est juste,jusu'à l'instant qui suit les élections...là intervient une mathématique qui tient de la théorie de la relativité restreinte...restreinte " au consensus"...et celui qui dicte le consensus est celui qui tient le fusil par le bon bout...çà ne veut pas forcément dire que çà ne va pas marcher,çà veut dire que çà peut marcher,si ON décide que çà doit marcher,et si ON n' a pas reçu d'instructions contraires.La variable de l'équation de la démocratie dite "consensuelle"est une inconnue permanente.Mais l'analyse est brillante quand même...peut-être un peu trop,non?Où est le chiffon oublié dans cette brillante fusée?

    GEDEON Christian

    18 h 28, le 06 février 2013

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