Dans une entrevue accordée à L’Orient-Le Jour, l’expert financier dévoile non sans fierté que les actifs sous gestion du groupe sont passés de 19 milliards à 22 milliards de dollars (en hausse de 15 %) au courant de l’année 2012 ; une année charnière pour le groupe financier, qui gère 4 milliards de dollars d’actifs sous gestion en private equity, mais aussi a investi dans 8 à 10 nouvelles sociétés, dont le rachat d’un des plus grands producteurs de composantes d’horlogerie en Suisse, « une industrie qui nous intéresse beaucoup », précise-t-il. Le PDG du groupe Quilvest indique en outre que l’année 2012 a été une année record en termes d’« exit ». En effet, le groupe financier a clôturé cinq sorties d’investissements l’an dernier. L’expert d’origine libanaise se targue de faire partie d’une société dont une demi-douzaine de l’équipe de haute direction sont d’origine libanaise (Ali al-Husseini, Jamal al-Husseini, Carlos Honein, Nadine Koniski-Ziadé, Marc Manasterski, Serge Rafie et Ziad Joumblatt).
Malgré une conjoncture économique mondiale en berne, l’expert se veut optimiste et estime que l’année 2013 sera moins « mauvaise » que 2012, grâce notamment à la reprise économique qui s’enclenche aux États-Unis, « premier marché en termes de private equity sur les 3 à 4 prochaines années à venir ».
Pour le reste des plateformes financières, Fady Michel Abouchalache se tourne principalement vers les États-Unis, mais aussi vers les « frontier markets » des pays émergents, à savoir des pays comme le Pérou, la Colombie, l’Indonésie, la Malaisie, la Thaïlande et la Corée du Sud, puis l’Inde, la Chine et le Brésil, et enfin l’Europe du Nord et du Sud.
Quid du Liban ? M. Abouchalache indique que mis à part la diaspora, « pilier de l’économie libanaise » répandue à travers le monde, le marché libanais n’est plus une plateforme financière « intéressante ». Selon l’expert, le facteur volatil de la conjoncture politico-sécuritaire joue en défaveur du Liban, notamment pour les investisseurs qui n’arrivent pas à avoir une perspective à long terme. Le constat, certes réaliste, fait mal. Si le témoignage de cet expert de la chose financière peut servir à réveiller les consciences des politiques, ce sera toujours ça de gagné.

