Une vue de la cérémonie. Photo Michel Sayegh
Les nations n’ont de grands hommes que malgré elles, comme les familles.
C. Baudelaire
Une année s’est écoulée depuis la mort de Nassib Lahoud. Celui qui avait pris à cœur de défendre le pacte national, et qui en 2009 ne voulait pas voir « le Liban sombrer dans les marécages de l’effritement et de la division », a laissé un pays à son sort, il y a un an déjà. Dans un Liban qui patauge dans la boue de la malhonnêteté, du confessionnalisme et des clivages politiques, l’absence de l’homme d’État honnête et politicien modéré qu’était Nassib Lahoud se fait de plus en plus pesante.
Et c’est à quelques pas de la place Samir Kassir, au centre-ville de Beyrouth, que la place Nassib Lahoud a été inaugurée samedi, pour célébrer le premier anniversaire de son départ, lui qui avait choisi comme préambule pour sa « Vision pour la République » un extrait de « Communiqué du rêve » de Samir Kassir. Rêveur de « ce pays qui puise dans ses différences pour en faire une source de force et de cohésion », Nassib Lahoud n’a pas laissé qu’une place au centre-ville à sa mémoire. Son patriotisme et son amour pour la liberté ont marqué l’histoire contemporaine du pays, et marqué l’esprit et la conscience de plus d’une génération.
Près de la rue Weygand, nombreux sont les amis et les personnalités politiques qui ont répondu présent à l’invitation de Solidere pour l’inauguration de la place Nassib Lahoud, où une plaque frappée à son nom a été posée. Parmi eux, le député Nabil de Freige, représentant l’ancien Premier ministre Saad Hariri et le député Fouad Siniora, le ministre de l’Information Walid Daouk, le ministre de l’Environnement Nazem el-Khoury, le mohafez de Beyrouth Nassif Kalouch, représentant le ministre de l’Intérieur Marwan Charbel, et de nombreux députés, anciens députés et figures du 14 Mars.
Après une allocution de circonstance de Rafaël Sabbagha, membre du conseil d’administration de Solidere, le frère de Nassib Lahoud, Samir, a remercié la compagnie à l’origine de l’initiative.
« Beyrouth n’était pas pour Nassib Lahoud une simple capitale ou lieu de résidence, a-t-il dit. Beyrouth recelait en elle l’esprit du Liban, et constituait le pont qui reliait les éléments de la toile culturelle et sociale du pays, où fusionnent chrétiens et musulmans. Nassib Lahoud était à l’image de cette place : un homme de liaison, de dialogue, de modération, d’ouverture et d’amour pour la vie. Un homme progressiste et moderne, rattaché au patrimoine et aux origines. Je l’imagine aujourd’hui nous dire : Ne désespérez pas et ne rechignez pas face aux difficultés de la coexistence en trouvant refuge dans les solutions faciles de la séparation et des divisions. Renforcez les voies de la citoyenneté vers un État unique et fort. »
Par ailleurs, une messe a été célébrée à l’occasion de la commémoration de la mort de Nassib Lahoud, hier à Baabdate, présidée par l’archevêque de Beyrouth, Mgr Boulos Matar, qui a rendu un vibrant hommage au défunt, en présence de figures et de personnalités politiques.
B.M.
Une année s’est écoulée depuis la mort de Nassib Lahoud. Celui qui avait pris à cœur de défendre le pacte national, et qui en 2009 ne voulait pas voir « le Liban sombrer dans les marécages de l’effritement et de la division », a laissé un pays à son sort, il y a un an déjà. Dans un Liban qui patauge dans la boue de la malhonnêteté, du confessionnalisme et des clivages politiques, l’absence de l’homme d’État honnête et politicien modéré qu’était Nassib Lahoud se fait de plus en plus pesante.
Et c’est à quelques pas de la place Samir Kassir, au centre-ville de Beyrouth, que la place Nassib Lahoud a été inaugurée samedi, pour célébrer le premier anniversaire de son départ, lui qui avait choisi comme...

