Malmenée par Li Na en finale de l’Open d’Australie, Victoria Azarenka a quand même réussi à conserver son titre à Melbourne dans un contexte hostile. Bien que tenante du titre, Victoria Azarenka ne jouit pas d’une bonne réputation auprès du public australien, qui ne lui pardonne notamment pas d’avoir demandé un temps mort médical, qui a fait polémique, en demi-finales face à Sloane Stephens. Navesh Chitrakar/Reuters
Aazarenka, qui avait battu en deux sets l’an passé la Russe Maria Sharapova, a cette fois dû batailler trois manches pour l’emporter 4-6, 6-4, 6-3 en deux heures quarante.
Cette finale a été assez animée puisque Li Na a été victime de deux chutes consécutives à une torsion de sa cheville gauche, blessure heureusement sans gravité, et que le match a été interrompu dix minutes pendant qu’était tiré un feu d’artifice célébrant la fête nationale australienne.
Favorite du public, Li Na a pris le meilleur départ en empochant le premier set 6-4 en 45 minutes. Mais comme lors de sa finale 2011 face à Kim Clijsters, elle n’est pas parvenue à maintenir son ascendant.
Il est vrai qu’elle n’a pas été servie par les événements puisqu’elle a chuté lourdement dans le quatrième jeu de la deuxième manche.
Après une interruption, la partie a repris sans que la Chinoise ne montre une gêne manifeste. C’est plutôt la numéro un mondiale qui a élevé alors son niveau de jeu pour revenir à une manche partout.
Après une seconde interruption due au feu d’artifice de l’Australia Day, dans la troisième manche, Li Na a été victime d’une nouvelle chute, toujours en raison d’une torsion de cette même cheville gauche. En perdant l’équilibre, sa tête a violemment heurté le sol et le médecin a dû effectuer les vérifications d’usage.
Déclarée apte à reprendre la finale, la Chinoise a obtenu une balle de 3-1, mais Victoria Azarenka l’a écartée avec autorité. Plus précise, plus régulière, la Biélorusse se détachait 4-2 puis 5-3. Et plutôt que de risquer de devoir servir pour le match avec une énorme pression, elle a fait l’effort de pousser Li Na à la faute sur sa mise en jeu.
Un coup droit hors des limites du court, et elle a laissé apparaître un véritable soulagement avant de sangloter dans sa serviette.
Une quinzaine éprouvante
C’était la fin d’une quinzaine éprouvante marquée par une polémique lors de sa demi-finale face à l’Américaine Sloane Stephens où Victoria Azarenka avait été accusée d’avoir sollicité un arrêt médical non justifié afin de reprendre ses esprits.
« C’est un mélange de sentiments. En tout cas, il y a beaucoup d’émotion. Je suis la seule à savoir ce que j’ai pu traverser pendant cette quinzaine. Li Na a joué un tennis incroyable. Ce qui lui est arrivé est malheureux », a dit Azarenka.
La finaliste a, elle, semblé prendre ses mésaventures avec philosophie. « Il faut être stupide pour tomber lourdement deux fois comme ça, a commenté Li Na. Sur la seconde chute, j’ai eu peur car ma tête a cogné fort et j’ai vu tout noir pendant deux secondes. Le médecin a procédé à des vérifications et je me disais que l’on était à l’hôpital et plus sur un court de tennis. »
Coachée par le Français Sam Sumyk, Victoria Azarenka a montré qu’elle avait du caractère car elle a vaincu tous les éléments extérieurs, et notamment les 15 000 spectateurs qui étaient tous derrière la Chinoise.
« Pour être honnête, je m’attendais à ce que cela soit pire. Mais que pouvais-je y faire ? Sur l’affaire de la demi-finale, j’ai tout fait pour tenter d’expliquer. C’était classé. J’étais concentrée sur la finale, le match le plus important du tournoi », a dit Azarenka.
« Je crois avoir beaucoup appris des conséquences de cette affaire. À l’avenir, je serai notamment vigilante sur ce que je dirai lors des interviews télé d’après-match ! Mais je crois que le monde sait que je suis une personne sensible. »
Mais surtout une sacrée guerrière sur un court. À 23 ans, elle est désormais à la tête de deux titres majeurs. Et dans les mois qui viennent, elle tentera de triompher ailleurs qu’à Melbourne, tout en protégeant sa première place mondiale.
(Source : Reuters)


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