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Moyen Orient et Monde - France

Les partisans du mariage pour tous veulent éviter la guerre des chiffres

Grandes manifestations demain ; les députés examineront le projet de loi mardi.

Le président François Hollande est déterminé à faire voter la loi, qui constitue la plus grande réforme sociétale depuis l’abolition de la peine de mort en 1981. Denis Charlet/AFP

Les partisans du mariage pour tous, qui appellent à manifester demain à Paris deux jours avant l’examen du projet de loi par les députés, refusent toute guerre des chiffres deux semaines après la forte mobilisation des opposants au texte. Quelque 340 000 personnes, selon la police, un million, selon les manifestants, ont défilé le 13 janvier dans les rues de Paris contre le projet de loi ouvrant la voie au mariage et à l’adoption aux couples de même sexe. Plusieurs membres du collectif regroupant les opposants, qui souhaitent l’arrêt du processus parlementaire et une révision du texte pour remplacer le mariage par une union civile, ont été reçus en soirée à l’Élysée par le président François Hollande. Faute d’être entendus, ils menacent d’ores et déjà de battre de nouveau le pavé.
À l’Élysée, on fait état de « la détermination » du président à faire voter ce projet qui constitue la plus grande réforme sociétale depuis l’abolition de la peine de mort en 1981.
« Je suis confiant quant à l’avenir du texte, mais il y a un besoin pour de nombreux Français d’exprimer un ras-le-bol face au climat d’homophobie décomplexée ambiant et de rappeler le principe d’égalité entre les citoyens », explique Nicolas Gougain, porte-parole de l’Inter LGBT qui appelle avec le collectif « Agissons pour l’égalité nouvelle » à manifester demain. « Il s’agit également de rappeler le gouvernement à ses engagements en matière d’égalité, concernant la PMA notamment. » La question de la Procréation médicalement assistée (PMA) pour les homosexuelles, initialement prévue dans le cadre du projet de loi qui sera examiné à partir de mardi par les députés, sera intégrée au projet de loi sur la famille appelé à être examiné en mars. Et à ce propos, le président Hollande compte saisir le Comité national d’éthique.

Déconstruire les fantasmes
Le cortège parisien partira de la place Denfert Rochereau et défilera jusqu’à la place de la Bastille. Des manifestations sont également prévues aujourd’hui dans plusieurs villes, notamment à Brest, Clermont-Ferrand, La Rochelle, Lyon et Montpellier.
Face à la forte mobilisation des opposants au texte, les partisans du mariage pour tous n’entendent pas pour autant rentrer dans une guerre des chiffres. « C’est indéniable que des gens vont manifester dimanche pour exprimer leur incompréhension après la manifestation du 13 janvier qui s’opposait à une égalité des droits entre les citoyens », souligne Nicolas Gougain. « Mais notre message ne s’adresse pas aux opposants, il s’adresse à la société tout entière et aux législateurs qui ont pour devoir de déconstruire les fantasmes et la peur véhiculés par l’opposition. » Les partisans du texte espèrent toutefois réunir plus de manifestants que le 16 décembre. Entre 60 000 et 150 000 personnes avaient alors défilé à Paris pour soutenir le projet de loi du gouvernement socialiste.
Invitée sur i-télé, la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a relativisé hier le risque d’une mobilisation moins forte demain que le 13 janvier. « Tous ceux qui ont battu le pavé savent qu’il est toujours plus facile de manifester contre un texte que pour un texte », a-t-elle estimé. « Donc rien de bien surprenant (s’il y a moins de monde), on verra après tout, mais la mobilisation ne se fait pas que dans la rue, elle se fait dans la société, écoutez ce que vous disent les Français, il y a une revendication d’égalité qu’il ne faut pas sous-estimer. »

Bataille parlementaire
À quatre jours du début de l’examen du texte, l’UMP, qui entend utiliser toutes les motions de procédure possibles lors du débat, y compris une motion référendaire, a annoncé qu’elle défendrait un par un ses nombreux amendements. « Notre mobilisation dans l’hémicycle sera importante. Nous souhaitons un débat serein, mais nous défendrons toutes les procédures », a dit Christian Jacob, le président du groupe UMP. Après le député de Seine-et-Marne Franck Riester, l’ancien ministre UMP Benoist Apparu a annoncé mercredi son intention de voter en faveur du projet de loi qui marque, selon lui, « une reconnaissance de l’amour homosexuel ».
Dans une interview au site Internet du Journal du Dimanche, la ministre de la Famille, Dominique Bertinotti, a estimé hier que la droite était « plus nuancée » qu’on pouvait le croire. « J’ai entendu, lors de l’examen du texte par la commission des Lois, des hommes ou des femmes de droite beaucoup plus mesurés, pondérés, prêts à dire que les couples homosexuels et les familles homoparentales sont une réalité », dit-elle. « D’autres sont nostalgiques d’un monde qui n’existe plus, d’un monde où il n’y aurait qu’un seul modèle familial. Ce sont parfois des histoires de postures prises par rapport à son électorat, par rapport à ses collègues », ajoute-t-elle.
(Source : Reuters)

 

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