À trois jours des législatives, les affiches électorales tapissent les murs des villes israéliennes. Jack Guez/AFP
Pour Hanan Cristal, commentateur de la radio publique, « il est évident que Netanyahu, en remettant ainsi au centre la question des colonies, veut ramener les électeurs de droite au bercail », même si cette tentative « arrive sans doute trop tard pour influencer les résultats ». Selon des sondages publiés hier, l’alliance Likoud-Israël Beiteinou que conduit M. Netanyahu stagne entre 32 et 35 élus sur 120, loin des 42 députés que ces deux partis représentent ensemble aujourd’hui.
M. Netanyahu a également joué sur la fibre patriotique en expliquant que plus sa liste serait forte, plus il serait en mesure de résister aux pressions de l’administration américaine de Barack Obama sur la colonisation. « Je suis certain que le président Obama comprend que seul le gouvernement souverain et élu peut déterminer les intérêts nationaux vitaux d’Israël, spécialement en ce qui concerne sa sécurité », a-t-il dit. Il réagissait à un chroniqueur de Bloomberg View, Jeffrey Goldberg, qui a rapporté dans un éditorial des propos de M. Obama disant « qu’Israël ne sait pas quel est son propre intérêt ». Pour un conseiller israélien en communication politique, Roni Rimon, M. Obama « ne pouvait pas offrir un plus beau cadeau à Netanyahu qui peut ainsi faire jouer le réflexe de l’union nationale ».
Le vote russe
Il n’en reste pas moins que les électeurs israéliens ont effectué un virage à droite sous l’influence du « vote russe », mais aussi de leurs craintes alimentées par un environnement régional instable et de leurs désillusions face à une paix introuvable avec les Palestiniens. Ainsi, près de 20 ans après les accords d’Oslo et les espoirs qu’ils avaient suscités, la gauche israélienne n’est plus que l’ombre d’elle-même. Le Parti travailliste, qui comptait 44 députés sur 120 en 1993, n’en a plus aujourd’hui que 8 élus. Il obtiendrait 16 à 17 sièges lors des législatives du 22 janvier. Le bloc centriste, composé des travaillistes et de leurs alliés, est crédité d’un peu plus de 50 sièges.
Mais les catégories de « gauche » et de « droite » ne rendent compte que de façon imparfaite de l’évolution de l’opinion, tempère la politologue Yehoudit Auerbach, de l’université de Bar Ilan. « Ainsi, il y a 30 ou 40 ans, beaucoup de gens disaient que le peuple palestinien n’existait pas. Aujourd’hui, en dehors de la droite la plus ultra, la plupart des Israéliens, y compris de droite, acceptent l’existence du peuple palestinien et certains sont même prêts à accepter un État de Palestine », dit-elle.
(Source : AFP)


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