La puissante National Rifle Association (NRA), un lobby pro-armes, a mis en service une application : « NRA : Practice Range ». Mandel Ngan/AFP
Barack Obama semble décidé à prendre à bras-le-corps le dossier du contrôle des armes, un pari risqué au moment où les tensions avec les républicains sont toujours aussi vives autour des questions budgétaires. Un mois jour pour jour après la tuerie de Newtown, le président démocrate a indiqué lundi qu’il allait examiner « les mesures de bon sens » formulées par son vice-président Joe Biden afin de présenter dans le courant de la semaine un plan visant à réduire les violences par armes à feu aux États-Unis.
Lors d’une conférence de presse à la Maison-Blanche, Barack Obama a ainsi dessiné les grandes lignes de son projet autour de trois grandes propositions : rétablissement de l’interdiction des armes d’assaut en vigueur de 1994 à 2004, vérification renforcée des antécédents des acheteurs et contrôle plus strict des chargeurs de munitions à grande capacité. Le président, qui devra passer outre l’opposition d’une majorité de républicains mais aussi des élus démocrates des comtés ruraux où les armes sont populaires, a reconnu qu’il n’obtiendrait probablement pas tout ce qu’il souhaite. « Toutes ces propositions seront-elles adoptées par ce Congrès ? Je ne sais pas. Mais ce qui m’importe avant tout, c’est de dire honnêtement au peuple américain et aux membres du Congrès ce que je pense être efficace », a-t-il dit.
L’approche volontariste de Barack Obama sera sans doute saluée par les partisans d’un contrôle plus strict des armes à feu, alors que l’émotion liée au massacre de l’école primaire Sandy Hook le 14 décembre à Newtown demeure très forte. Certains commentateurs redoutent cependant que son souhait de rétablir l’interdiction des armes d’assaut se retourne contre lui. « S’il cherche à interdire les armes d’assaut, il échouera et cela réduira sa capacité à obtenir quoi que ce soit du Congrès », avance ainsi John Hudak de la Brookings Institution.
L’opinion publique américaine est devenue majoritairement favorable à des mesures de contrôle des armes depuis Newtown, mais selon une enquête du Pew Research Center, si 85 % des Américains approuvent un contrôle renforcé des antécédents des acheteurs, seuls 55 % sont favorables à l’interdiction des fusils d’assaut. La puissante National Rifle Association et les autres lobbies pro-armes sont farouchement opposés à cette mesure, tout comme la clientèle des armureries. D’autres propositions ont plus de chances d’obtenir gain de cause. Les républicains pourraient accepter des contrôles plus stricts des antécédents des acheteurs, en fonction de ce que proposera l’exécutif.
Barack Obama n’a pas exclu d’imposer également des mesures par décret. Il pourrait ainsi améliorer la banque de données utilisée pour vérifier les antécédents des acheteurs en donnant instruction aux agences fédérales de fournir davantage d’informations au FBI, qui gère le programme. Il pourrait aussi ordonner au département de la Justice de poursuivre davantage les personnes qui mentent sur leurs antécédents.
L’État de New York a pour sa part décidé de renforcer considérablement sa loi sur le contrôle de ces armes d’assaut. Le Sénat républicain de l’État a voté à une large majorité de 43 contre 18 voix des mesures présentées comme les plus restrictives des États-Unis, a indiqué la Chambre.
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