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Lifestyle - Rencontre

Les dîners virtuels d’Eric Maddox abolissent les frontières

Son regard est franc, à la fois rêveur et pragmatique. Avec son projet « virtual dinner guest », Eric Maddox tient à rétablir l’écoute et le dialogue entre pays et cultures différentes, souvent très éloignées, à travers une invitation à dialoguer autour d’un (presque) même repas, via Skype.

Dîner virtuel entre le Liban et la Mongolie.

« Parlez l’esprit plein ! » tel est le slogan que trimballe, un sourire serein en prime, Eric Maddox, 34 ans, des États-Unis où il est né, au Mexique, au Moyen-Orient, et jusqu’en Ouganda. Quels que soit la langue ou les contextes particuliers des participants, géographiques, sociaux et politiques, il s’agit de « casser la croûte », de s’installer autour d’une table dans des pays différents, en même temps, avec des personnes qui ne se connaissent pas, artistes, éducateurs, réalisateurs ou étudiants, en utilisant Internet et notamment Skype pour plus d’une heure d’échanges intenses.
Utopie, clairvoyance ou grande sagesse ? Ce jeune homme né en Californie a entrepris des études en philosophie et résolution des conflits internationaux. Après avoir réalisé un premier documentaire en Israël et Palestine, suite à un séjour dans un camp de réfugiés à Dheisheh, et avant d’achever un nouveau travail sur la frontière mexico-américaine, Maddox a ressenti la nécessité de s’exprimer autrement, ou du moins, de laisser les « acteurs » et protagonistes de ses films s’exprimer plus librement, sans subir la direction d’un réalisateur ou son intervention au montage. « Le documentaire est certes un outil puissant et pédagogique. Une manière claire d’exposer différents points de vue à une large audience. Mais il reste surtout le message du réalisateur... Le montage est comme un filtre qui pourrait diluer l’authenticité des intervenants. Et puis il n’y a pas d’interaction possible entre le spectateur et l’acteur, mais plus une succession de témoignages. »

Mode d’emploi
C’est à partir de ce constat que naît et se développe dans son esprit l’idée d’organiser des dîners virtuels, souvent dans des lieux improvisés, ONG, galeries d’art, restaurants ou espaces publics. Chacune des tables est munie d’une caméra web, d’un écran et de plats préparés par un cuisinier local. Toujours à partir des États-Unis, avec le Mexique, puis l’Ouganda et le Pakistan, et enfin Tunis, l’Égypte et le Liban, les repas ont été le prétexte de se découvrir et de se trouver de nombreux points communs. « Il est plus difficile d’ignorer, d’insulter ou de porter préjudice à des personnes avec qui nous avons partagé un repas... », aime-t-il à rappeler. Et de poursuivre : « Pourquoi ne pas remplacer les informations télévisées du soir par une conversation du soir ? Pourquoi ne pas s’impliquer individuellement dans la vie de tous ceux qui font la une de l’actualité ? »
The « virtual dinner guest project », illustré par un logo clair et net représentant une terre en guise d’assiette, placée entre une fourchette et un couteau, a donc démarré entre une famille mexicaine et un groupe d’américains. « Soyons clair, il ne s’agit pas d’un dîner divertissant ou d’une quelconque réunion mondaine... Parfois, les participants prennent des risques politiques ou individuels. Mon objectif est de détruire les clichés et autre stéréotypes, de pousser à le réflexion et, dans un deuxième temps, de résoudre des problèmes et d’agir. »
À présent structurés à travers des ONG, des universités ou des écoles, ces dîners virtuels ont réussi à lever des fonds pour les réfugiés syriens.
Bien que, comme il le précise, « la connexion Internet est un véritable problème au Liban ! » l’événement, qui a eu lieu chez nous il y a quelques mois, a réuni Charbel, Ahmad, John et Steffano, de l’ONG Helem, avec Otgonbaatar, Tsedendemberel et Baldangamba Altangerel, en Mongolie... Dans un langage universel, loin de celui, édulcoré et tellement artificiel, des politiciens de ce monde, tout semble possible, surtout le meilleur...
Pour plus d’informations : http ://virtualdinnerguest.com/
« Parlez l’esprit plein ! » tel est le slogan que trimballe, un sourire serein en prime, Eric Maddox, 34 ans, des États-Unis où il est né, au Mexique, au Moyen-Orient, et jusqu’en Ouganda. Quels que soit la langue ou les contextes particuliers des participants, géographiques, sociaux et politiques, il s’agit de « casser la croûte », de s’installer autour d’une table dans des pays différents, en même temps, avec des personnes qui ne se connaissent pas, artistes, éducateurs, réalisateurs ou étudiants, en utilisant Internet et notamment Skype pour plus d’une heure d’échanges intenses. Utopie, clairvoyance ou grande sagesse ? Ce jeune homme né en Californie a entrepris des études en philosophie et résolution des conflits internationaux. Après avoir réalisé un premier documentaire en Israël et...
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