Trois ministres et une quinzaine de patrons de groupes du CAC 40 sont annoncés pour ce déplacement à Abou Dhabi et Dubaï qui devrait être maintenu malgré l’intervention française au Mali et qui mêlera économie et diplomatie, sans forcément coïncider avec la signature de contrats. Une avancée dans les négociations sur la vente de 60 avions de chasse Rafale est espérée, dans le sillage des propos encourageants de l’Inde sur une éventuelle commande à Dassault de 126 appareils. « Le dossier est toujours sur la table, il a des chances d’aboutir et il est aussi lié à d’autres dossiers d’exportation du Rafale à d’autres pays », a souligné un diplomate français. « Si la question est : est-ce que le contrat va être signé au moment de la visite du président de la République aux Émirats, la réponse est non. ».
François Hollande et le PDG de Total, Christophe de Margerie, tenteront en outre de convaincre les EAU d’accorder au groupe pétrolier français un contrat de dix milliards de dollars pour exploiter le gisement de gaz corrosif de Bab. Un succès donnerait à Total un avantage compétitif lors du renouvellement en 2014 de l’importante concession gazière Adco, où se trouve Bab. Pas question toutefois pour François Hollande de se transformer en « président VRP », surnom parfois donné à son prédécesseur Nicolas Sarkozy.
Ce voyage s’inscrit dans le cadre d’une offensive de charme de la France dans le Golfe, zone stratégique riche en pétrole. François Hollande, en fonction depuis huit mois, s’est rendu fin 2012 en Arabie saoudite pour voir le roi. Il devrait retourner dans le royaume cette année, ainsi qu’au Qatar voisin. « Il s’agit de développer les relations denses avec ces pays où on a vraiment des atouts par rapport à d’autres pays comme l’Allemagne », note un diplomate français.
Plus de 500 entreprises tricolores sont installées aux Émirats arabes unis, où le nombre d’expatriés croît de 10 % par an pour atteindre 18 000 personnes. Le pays représente le quatrième excédent commercial de la France dans le monde (plus de 2,5 milliards d’euros). Total y possède 13 % de ses réserves et les avions Airbus constituent l’essentiel des flottes des compagnies Emirates et Ethihad.
(Source : Reuters)

