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Moyen Orient et Monde - Grande-Bretagne

L’Union Jack hissé à Belfast pour la première fois depuis la controverse

Des manifestants loyalistes et les forces de l’ordre s’affrontent depuis plus d’un mois pour faire revenir le drapeau britannique.

L’Union Jack flottait hier pour fêter l’anniversaire de la duchesse de Cambridge. Peter Muhly/AFP

Après une énième nuit de violences, le drapeau britannique flottait hier sur l’hôtel de ville de Belfast en l’honneur de l’anniversaire de Kate, l’épouse du prince William, qui, enceinte, fête cet événement « en privé ». Mardi soir, pour la sixième nuit d’affilée, des centaines de loyalistes, farouchement attachés à ce symbole de leur identité britannique, s’étaient en effet affrontés aux policiers antiémeute dans l’est de Belfast, jetant pierres, balles de golf et cocktails Molotov en direction des forces de l’ordre.
Devant les députés à Londres, le Premier ministre David Cameron a donc appelé hier les formations politiques de tous bords en Irlande du Nord à lutter contre les divisions qui persistent dans cette province britannique à l’histoire mouvementée. « Nous devons construire un avenir commun en Irlande du Nord en faisant tomber les barrières de la ségrégation en place depuis de très nombreuses années », a déclaré le Premier ministre. « Je pense que c’est un défi important pour faire baisser les tensions que nous avons constatées ces derniers jours », a-t-il poursuivi. David Cameron avait en décembre condamné la violence « injustifiée » des manifestants loyalistes, affirmant qu’en s’y adonnant, ils n’étaient « en aucun cas loyaux » à l’identité britannique qu’ils prétendent défendre. De son côté, le Premier ministre nord-irlandais Peter Robinson a donné rendez-vous à des représentants de divers partis unionistes, aujourd’hui à Stormont, siège du Parlement de Belfast, pour évoquer les incidents.
Les manifestants protestent régulièrement depuis plus d’un mois contre une décision prise le 3 décembre par le conseil municipal de Belfast, qui consiste à ne plus faire flotter l’Union Jack sur l’hôtel de ville que 18 jours par an. Ils ont promis de poursuivre leur mouvement jusqu’au retour définitif du drapeau. Après une trêve au moment de Noël, les protestations loyalistes ont repris de plus belle depuis le début de l’année à Belfast. Au total, 66 policiers ont été blessés et 104 personnes ont été arrêtées depuis début décembre. Le chef de la police en Irlande du Nord, Matt Baggott, a accusé le groupe paramilitaire de l’Ulster Volunteer Force, responsable de la mort de plus de 500 personnes pendant le conflit, d’être derrière les récentes violences. De leur côté, les commerçants de Belfast, en particulier les propriétaires de restaurant, se sont plaints de l’impact désastreux de ces incidents sur leurs affaires. La Confédération de l’industrie britannique (CBI) a averti que ces heurts risquaient de se traduire par des pertes d’emplois et qu’ils faisaient fuir les investisseurs.
L’Irlande du Nord, province britannique semi-autonome, a été secouée par des violences intercommunautaires pendant trente ans jusqu’à un accord de paix de 1998. Les heurts entre loyalistes protestants et républicains catholiques, partisans d’un rattachement avec la République d’Irlande, frontalière, ont fait 3 500 morts. Depuis, un gouvernement biconfessionnel a été mis en place, mais des violences éclatent sporadiquement, rappelant la persistance des divisions entre les deux communautés. Les récents incidents expriment le sentiment de frustration de la part d’une partie de la population protestante qui se sent depuis marginalisée, de l’avis d’experts et d’unionistes. Pour John Kyle, membre du Parti unioniste progressiste (PUP, protestant), cette population estime sortir perdante du processus de paix. « Il y a un sentiment d’aliénation, ils se sentent déconnectés du système politique (...) Malheureusement, cette colère débouche sur la violence », a-t-il expliqué sur la BBC.
(Source : AFP)
Après une énième nuit de violences, le drapeau britannique flottait hier sur l’hôtel de ville de Belfast en l’honneur de l’anniversaire de Kate, l’épouse du prince William, qui, enceinte, fête cet événement « en privé ». Mardi soir, pour la sixième nuit d’affilée, des centaines de loyalistes, farouchement attachés à ce symbole de leur identité britannique, s’étaient en effet affrontés aux policiers antiémeute dans l’est de Belfast, jetant pierres, balles de golf et cocktails Molotov en direction des forces de l’ordre.Devant les députés à Londres, le Premier ministre David Cameron a donc appelé hier les formations politiques de tous bords en Irlande du Nord à lutter contre les divisions qui persistent dans cette province britannique à l’histoire mouvementée. « Nous devons construire un...
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