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Nos lecteurs ont la parole

Il pleut ? N’allez pas au travail !

César WAZEN
Pour tout un chacun existe une muse, un être qui lui sert de source d’inspiration pour écrire, dessiner, produire...
Je n’y croyais pas trop, mais dernièrement, après une coupure de plusieurs années, je peux dire que j’ai trouvé la mienne de source d’inspiration représentée par ce conseil: s’il pleut, on reste à la maison.
À bas toutes les théories économiques, pédagogiques et logiques, surtout au Liban. Va donc pour ce congé national quand il pleut. Pourquoi? Eh bien, parce que l’État est incapable d’assurer les besoins de base du citoyen. Il est incapable d’organiser la circulation en temps de pluie et de nettoyer les égouts avant les premières chutes.
Pire encore, il est incapable de voir la gravité des problèmes qui durent depuis des décennies et d’y apporter des solutions avant qu’ils ne déclenchent une cascade de catastrophes dans la capitale mais aussi sur l’ensemble du territoire.
Chers concitoyens, s’il pleut, vous êtes priés de rester chez vous pour ne pas obliger les responsables à agir. La passivité est recommandée. Restez donc cloîtrés chez vous, le temps que la tempête s’apaise. Les responsables ont déjà assez à faire pour ne pas, de plus, aller à votre rescousse dans les rues inondées.
Les écoles, les universités, les banques, tout cela peut attendre. C’est à se demander pourquoi des pays où les intempéries sont bien plus fréquentes que chez nous se donnent tout ce mal pour s’assurer qu’aucun secteur de l’économie n’est affecté par de simples pluies passagères...
La politique de mise à l’écart des Libanais, très judicieuse dès lors qu’il s’agit de la crise syrienne, semble s’étendre maintenant au mode de vie quotidien et à la productivité de la nation.
Et pourquoi ne pas, pendant que l’on y est, se mettre à l’écart de la vie? Le nihilisme fera alors partie de notre patrimoine national tout comme la dolce vita à l’italienne.
Pour en finir avec cette question, qui pourrait servir de remue-méninges à nos responsables, si, en tant que pauvres mortels et citoyens respectueux de vos directives, Messieurs, nous restons chez nous, que recommandez-vous si nos maisons sont inondées par la grâce de votre laisser-aller et de la quantité d’eau qui tombe du ciel? Sera-t-il possible alors de sortir ou bien serait-il plus judicieux de nager chez soi – et, pourquoi pas, de se noyer?
Quant à ceux qui se trouveraient déjà au travail et n’auraient pas pu attendre de recevoir vos sages directives illuminées, quelle solution leur proposeriez-vous? Ah oui! Dormir sur place... Pour les cas d’urgence, merci d’avoir autorisé la sortie, sans penser toutefois qu’il serait impossible alors de naviguer dans les rues inondées.
Pour l’amour de Dieu, un peu de sérieux et surtout n’insultez pas notre intelligence. Après tout, est-ce trop vous demander de trouver des solutions qu’un enfant de 10 ans pourrait imaginer? Le Liban a connu des périodes plus difficiles, quand les obus nous tombaient du ciel et pas l’eau, et que les Libanais sortaient quand même pour se rendre au travail.
Pour finir, il y a une seule chose positive dans ce que vous dites: vous restez la source de notre inspiration pour écrire... en attendant des jours meilleurs.

César WAZEN
Pour tout un chacun existe une muse, un être qui lui sert de source d’inspiration pour écrire, dessiner, produire...Je n’y croyais pas trop, mais dernièrement, après une coupure de plusieurs années, je peux dire que j’ai trouvé la mienne de source d’inspiration représentée par ce conseil: s’il pleut, on reste à la maison.À bas toutes les théories économiques, pédagogiques et logiques, surtout au Liban. Va donc pour ce congé national quand il pleut. Pourquoi? Eh bien, parce que l’État est incapable d’assurer les besoins de base du citoyen. Il est incapable d’organiser la circulation en temps de pluie et de nettoyer les égouts avant les premières chutes.Pire encore, il est incapable de voir la gravité des problèmes qui durent depuis des décennies et d’y apporter des solutions avant qu’ils ne...
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