La saga Depardieu suscite dans l’entourage de l’acteur des inquiétudes croissantes sur sa santé. Stevo Vasiljevic/Reuters
Le 29 novembre, après une chute de scooter sans gravité à Paris, Gérard Depardieu avait été contrôlé avec 1,8 g d’alcool par litre de sang alors que le taux autorisé en France est limité à 0,5 g. Il avait passé plusieurs heures en cellule de dégrisement dans un commissariat. Il risque 4 500 euros d’amende et jusqu’à deux ans de prison. Son refus hier de venir devant la justice le prive d’une procédure simplifiée de « plaider coupable » et va entraîner son renvoi prochain devant un tribunal. Cet épisode judiciaire ponctue une série de rebondissements pour l’icône du cinéma français qui l’a vu tour à tour, depuis décembre, s’exiler en Belgique pour raisons fiscales, être traité de « minable » par l’exécutif français, promettre de rendre son passeport, en accepter un autre russe et peut-être bientôt un belge, et parader en Mordovie, une république russe.
L’affaire au retentissement international commence à faire peur à plusieurs proches de cette forte personnalité de 64 ans, amateur de bonne chère et de bons vins, et qui a subi il y a quelques années un quintuple pontage coronarien. « C’est quelqu’un qui a des bourrasques, qui est extrêmement malheureux, qui est inconsolable – vous savez pourquoi – et qui se démène pour essayer de vivre encore », a dit en début de semaine à la radio RTL son ex-épouse, Élisabeth Depardieu, allusion à leur fils Guillaume, mort en 2008 à 37 ans d’une pneumonie foudroyante. « Quand quelqu’un est aussi perdu que ça, est-ce qu’il faut lui jeter la pierre ? » s’est-elle interrogée. « Il est parti parce qu’il manquait d’attention, d’amour. Quand il se sent refusé, il devient provocateur et le pire de ce qu’on imagine. Il va essayer de ressembler à ce dont on a peur », a-t-elle prédit. Pour l’acteur et metteur en scène Denis Podalydès, Gérard Depardieu « a basculé complètement dans le monde de la fiction ». Ex-agent de ce dernier entre 1970 et 1994, Jean-Louis Livi juge, dans le journal Le Monde, que son comportement provocant « s’apparente à un suicide ». « On ne mesure pas suffisamment la fragilité de ces acteurs », ajoute-t-il, en citant les destins tragiques de Patrick Dewaere, Marilyn Monroe et Romy
Schneider.
(Source : AFP)


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