Le prix moyen du mètre carré dans 100 villes chinoises a atteint 8 791 yuans (1 069 euros), soit une hausse de 1,23 % depuis six mois. Jason Lee/Reuters
Car pour éviter la formation d’une bulle spéculative dans ce secteur-clé, les autorités ont pris depuis 2010 des mesures drastiques, comme l’interdiction d’acheter un deuxième appartement, le relèvement de l’apport personnel pour obtenir un crédit ou l’introduction de taxes foncières dans certaines villes. Une vraie douche froide : les prix, qui avaient atteint des sommets ces dernières années, n’ont plus progressé que de 4 % à 7 % en deux ans. Et pourtant, c’est reparti à la hausse depuis deux mois. Forte demande pour les logements de luxe, baisse des taux d’intérêt, arrivée de fonds spéculatifs depuis l’étranger : le prix moyen du mètre carré dans 100 villes chinoises a atteint 8 791 yuans (1 069 euros), soit une hausse de 1,23 % depuis six mois, selon l’institut de recherche China Index Academy. Le volume des transactions a pour sa part réalisé un bond de 10,4 % en valeur durant les 11 premiers mois de l’année, a rapporté le Bureau national des statistiques.
« Nous étions à la recherche du moment opportun » pour acheter, raconte Mme Qi, qui a fini par renoncer à attendre une baisse substantielle des prix. Elle a payé l’équivalent de 168 000 euros pour un 90 m2 à Hangzhou, une florissante ville côtière qui est aussi l’une des plus chères du pays. L’immobilier a beaucoup contribué aux taux de croissance de plus de 10 % de la Chine ces dernières années, tirant à la hausse la demande pour l’acier, le ciment et l’ensemble de l’économie.
Mais les analystes sont d’avis que les restrictions mises en place par le gouvernement du Premier ministre Wen Jiabao, qui doit quitter ses fonctions en mars, seront maintenues par les nouveaux dirigeants désignés en novembre au 18e congrès du Parti communiste. Et mi-décembre, la conférence économique annuelle du gouvernement a confirmé le maintien de ces mesures.
L’envolée des prix des logements dans les années 2000 a en effet mis l’accession à la propriété hors de portée de larges pans de la population urbaine. « Les décideurs politiques n’ont pas grand-chose à gagner à réviser leur position » sur cette question, juge Capital Economics dans une étude récente, souhaitant « une période de stabilité dans l’investissement immobilier, après le passage à vide l’an dernier ». Abondant dans le même sens, l’agence de notation Moody’s a récemment rehaussé de « négative » à « stable » sa perspective pour le marché immobilier chinois.
Durant les 11 premiers mois de l’année, les promoteurs ont tout de même dépensé 11,9 % de plus que durant la même période l’an passé, soit 4 500 milliards de yuans (546 milliards d’euros) pour construire de nouveaux logements. Les restrictions du pouvoir central sont honnies des promoteurs, qui se sont enrichis durant le boom de la dernière décennie, comme des collectivités locales qui tirent une grande partie de leurs revenus des ventes de terrains. « Nous ne voulons pas être en permanence réglementés par le gouvernement », affirme Wong Chun-hong, président de Top Spring International Holdings, spécialisé dans l’immobilier de luxe.
Mais la stabilité des prix est une priorité pour Pékin, qui s’inquiète du mécontentement lié à la cherté des logements et des troubles sociaux qui pourraient en résulter.
(Source : AFP)

