Parallèlement, le projet de Constitution soutenu par M. Morsi est bien parti pour être approuvé lors de la seconde phase du référendum samedi, mais le vif conflit qu’il a provoqué avec l’opposition risque de se poursuivre au-delà du vote, estiment des analystes. Le pays le plus peuplé du monde arabe risque au contraire d’aller vers une période d’instabilité prolongée qui pourrait affecter la capacité du président islamiste à gouverner et peser sur les chances de redressement d’une économie très mal en point.
Des semaines de manifestations et l’accumulation de maladresses de la part de M. Morsi ont dopé une opposition jusque-là quasiment inaudible, et mis en lumière un pays profondément divisé sur la Constitution, mais surtout sur un projet de société pour l’Égypte post-Moubarak.
« La Constitution va très certainement être adoptée », prédit Hani Sabra, du centre d’analyse Eurasia Group. « Mais les résultats vont aussi alimenter la confrontation entre les Frères musulmans et l’opposition non islamiste ». Le vote du 15 décembre dans une première moitié du pays a donné 57 % au « oui » selon des résultats officieux, et il semble peu probable que la tendance se renverse samedi dans les gouvernorats restants. Mais les islamistes risquent aussi de ne pas atteindre les deux tiers des voix, seuil jugé nécessaire par certains d’entre eux pour que le référendum constitutionnel traduise aussi un succès personnel pour le président. « La confrontation, au travers de manifestations dans la rue, des grèves et des affrontements entre supporteurs rivaux et avec la police, va rendre plus difficile de gouverner », ajoute M. Sabra.
Revigorée, l’opposition a toutefois encore du chemin à faire. Elle a prôné le « non » au scrutin, mais après avoir réussi des manifestations de masse, elle a semblé s’essouffler mardi avec un maigre rassemblement de moins de 2 000 personnes au Caire. « L’une des grandes questions sera de savoir, si le oui passe, si l’opposition va s’en tenir là et dire qu’elle a fait ce qu’elle a pu, ou si elle va redescendre dans la rue et appeler à un regain de mobilisation », s’interroge Hassan Nafaa, du centre d’études politiques al-Ahram au Caire. Des législatives prévues dans les deux mois après l’adoption d’une Constitution pourraient dès lors constituer une épreuve de vérité pour cette opposition hétéroclite, qui va des nationalistes de gauche à des libéraux.
(Source : agences)


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