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Liban - L’Éclairage

Pour les fêtes, les hurlements sont de rigueur

Après une lueur d’optimisme, revoilà, comme chaque année, pour les fêtes, les ténèbres politiques. Sauf qu’elles sont un peu artificielles, cette fois, il convient de le dire.
La luciole, c’était la reprise de contacts, récemment, entre le 14 Mars et le président de la Chambre, Nabih Berry, pour tenter de trouver une issue à l’affaire de la commission restreinte chargée d’étudier la loi électorale. L’atmosphère était positive et M. Berry s’était engagé à ne pas convoquer les commissions conjointes, les commissions parlementaires et à ne pas appeler à une séance plénière durant le boycott observé par les députés de l’opposition, et ce jusqu’à la démission du gouvernement. Nabih Berry avait également exprimé ses craintes quant aux répercussions éventuelles sur le Liban de la crise syrienne, d’autant que Damas devrait bientôt changer de visage. Dans ce cadre, M. Berry se serait prononcé en faveur d’un cabinet d’union nationale présidé par Saad Hariri. Il avait enfin demandé aux participants d’envisager une sortie de crise opportune à la question de la commission restreinte chargée d’étudier la loi électorale. Le 14 Mars n’en croyait pas ses yeux.
Mais le miracle n’a pas duré et le climat positif s’est évaporé au cours de la deuxième rencontre entre M. Berry et la délégation du 14 Mars. Toute l’affaire de la commission restreinte a été occultée par le président de la Chambre, qui a plutôt focalisé l’attention sur le fait de savoir comment sortir de la crise globale. Or le 14 Mars a rappelé à son interlocuteur qu’une telle question nécessite un certain temps afin d’être réglée, tandis que la question de la loi électorale est urgente. M. Berry s’est aussitôt contenté de distribuer aux participants les procès-verbaux de la réunion des commissions conjointes sur les moyens de former la commission restreinte et sur les prérogatives de cette dernière – en l’occurrence s’accorder sur le découpage des circonscriptions et sur le mode de scrutin. Un pôle du 14 Mars a proposé que les réunions aient lieu au domicile de l’un des membres de la commission, pour des raisons sécuritaires, mais le 8 Mars a refusé, insistant sur la nécessité de se retrouver au Parlement.
À Beyrouth, les miracles ne durent jamais longtemps en politique. Aussi, le climat s’est envenimé avec l’émergence d’un nouveau discours au sein du 8 Mars durant ces derniers jours, axé sur la nécessité de s’entendre sur la loi électorale avant la démission du gouvernement. Cette nouvelle formule magique a été reprise successivement par MM. Nagib Mikati, Michel Aoun, Hassan Nasrallah, ainsi que par le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï. Le discours de Hassan Nasrallah, dimanche, puis celui de Michel Aoun, mardi, étaient particulièrement significatifs. Les deux ont fait assumer aux députés du 14 Mars la responsabilité du blocage institutionnel et de la crise, les deux ont matraqué qu’un retour à la loi de 1960 serait inenvisageable. Le chef du Courant patriotique libre a encore été plus loin dans le négativisme, en faisant miroiter la possibilité de torpiller le scrutin et en parlant de « coup d’État mené par une minorité ». Ce qui n’est pas sans amuser un député du 14 Mars, qui rappelle que c’est Michel Aoun qui avait été le cheval de bataille de la loi de 1960 sous prétexte de « restituer aux chrétiens leurs droits sur le plan de la représentation », comme l’affirmait la campagne publicitaire aouniste de l’après-Doha. Pour le 14 Mars, la volte-face de Aoun en faveur de la proportionnelle est une preuve de plus que le CPL est en perte de vitesse au plan populaire et qu’il a peur de perdre les élections. Sinon, pourquoi la loi de 1960, qui était valable il y a quatre ans, est-elle désormais diabolisée à outrance ?
Un député du Nord, membre du 14 Mars, souligne dans ce cadre que les propos du patron du Hezbollah, qui a affirmé dimanche que « les élections détermineraient qui gouvernerait le pays », rappellent étrangement les propos du vice-secrétaire général du parti, cheikh Naïm Kassem, qui avait indiqué, en 2008, que le scrutin de 2009 serait « un référendum sur les armes de la résistance » et que « le vainqueur gouvernerait ». Évidemment, dans les faits, les promesses se sont envolées : le 8 Mars a fait campagne pour obtenir le tiers de blocage au sein du cabinet Hariri, pour ensuite provoquer la chute de ce dernier et renverser la majorité parlementaire sous la terreur des armes.
Les promesses d’un Hezbollah volubile, mais toujours ambivalent et dualiste, le 14 Mars n’y croit plus. Tout comme cette flambée de discours incendiaires de la part des pôles du 8 Mars, derrière laquelle l’opposition décèle, claire comme de l’eau de roche, une faiblesse actuelle psychologique et structurelle énorme dans le camp adverse, due à l’agonie de son allié le plus proche, le régime de Bachar el-Assad ; discours tonitruants qui cacheraient, en fait, une volonté de mieux hurler pour continuer à se faire respecter et mieux se faire entendre, partant, aux prochaines négociations qui suivront nécessairement la prochaine chute du Baas.
Après une lueur d’optimisme, revoilà, comme chaque année, pour les fêtes, les ténèbres politiques. Sauf qu’elles sont un peu artificielles, cette fois, il convient de le dire. La luciole, c’était la reprise de contacts, récemment, entre le 14 Mars et le président de la Chambre, Nabih Berry, pour tenter de trouver une issue à l’affaire de la commission restreinte chargée d’étudier la loi électorale. L’atmosphère était positive et M. Berry s’était engagé à ne pas convoquer les commissions conjointes, les commissions parlementaires et à ne pas appeler à une séance plénière durant le boycott observé par les députés de l’opposition, et ce jusqu’à la démission du gouvernement. Nabih Berry avait également exprimé ses craintes quant aux répercussions éventuelles sur le Liban de la crise syrienne,...
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Plus claire et vrai on ne peut faire!

Pierre Hadjigeorgiou

05 h 22, le 20 décembre 2012

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Commentaires (1)

  • Plus claire et vrai on ne peut faire!

    Pierre Hadjigeorgiou

    05 h 22, le 20 décembre 2012

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