Dans chaque camp, on affirme, c’est de bonne guerre, que son champion est le grand vainqueur de l’accord. Iguel Medina/AFP
Pour Jean-Pierre Raffarin, dont la médiation a été décisive pour la sortie de crise, « les séquelles » du bras de fer entre l’ex-Premier ministre et le nouveau président de l’UMP « seront lourdes ». « Tout le monde est perdant dans une affaire pareille », renchérit Henri Guaino, l’ancienne plume de Nicolas Sarkozy : « Les deux candidats sont évidemment perdants, mais nous le sommes tous, tous les militants, tous les élus de l’UMP. »
Et si les récentes législatives partielles ont été une divine surprise, avec deux sièges gagnés pour l’UMP, c’est bien davantage par sanction du gouvernement socialiste que par absolution des fautes des dirigeants de la droite. « Il ne faut pas être naïf. Cet accord résout une crise, mais ça ne règle pas le problème de l’affaiblissement de la droite. Ce n’est pas avec un accord d’appareil qu’on a une nouvelle doctrine ! » souligne un « non-aligné ». Et, à ses yeux, toute cette affaire laissera des « traces très profondes » sur les deux hommes. « Fillon et Copé sont complètement cramés ! » « Les deux sont pour l’heure voués aux gémonies, mais ils peuvent se refaire. Les gens ont la mémoire courte », nuance un ancien ministre.
Dans chaque camp, on affirme, c’est de bonne guerre, que son champion est le grand vainqueur de l’accord. Mais François Fillon, qui était promis à une victoire nette le 18 novembre, a abîmé sa stature d’homme d’État qu’il s’était patiemment construite à Matignon. Il a dû plonger dans l’arène et a écorné son image jusqu’à présent beaucoup moins partisane que celle de M. Copé. « Plus les jours passaient et plus il se rendait compte qu’il perdait des plumes lui aussi. C’est pour ça qu’il a finalement accepté un accord malgré sa détestation de Copé », analyse un filloniste. Son objectif désormais : reprendre de la hauteur et ne pas hypothéquer ses chances pour la primaire de 2016 à la présidentielle. « C’est pour ça qu’il hésitera à deux fois avant d’être à nouveau candidat pour l’UMP, même s’il n’a pas définitivement dit non car son moteur, c’est l’orgueil », note un ex-ministre. M. Fillon a d’ailleurs lâché hier devant ses soutiens qu’il déciderait « en juin » d’être ou non à nouveau candidat, afin de ne pas se démonétiser et de maintenir la pression.
Mais de quelle tribune disposera désormais le député de Paris puisqu’il s’est engagé à dissoudre son groupe parlementaire R-UMP ? « Être président d’un parti, ça aide pour avoir des moyens, mais pas forcément pour avoir une tribune », tempère le politologue Jean-Daniel Lévy.
Pour M. Copé, même si sa cote de popularité s’est effondrée en un mois, il est « proche du gaz de schiste », plaisante un ami, l’essentiel était de garder, coûte que coûte, l’appareil. « On peut retourner l’accord dans tous les sens... Le vrai gagnant, c’est Copé, même s’il sort rincé de la crise », analyse un ancien ministre. « Les fillonistes disent qu’il est cornaqué avec une direction collégiale, mais il reste le vrai patron du parti. » « Copé va remonter sur son cheval dès janvier et sera en campagne permanente jusqu’en septembre », promet un proche. Il va être constamment sur le terrain, à arpenter les fédérations, tout en tâchant de rétablir son image auprès de la droite via une opposition résolue à la gauche. Son premier grand test sera la manifestation du 13 janvier contre le mariage homosexuel, dont il a exhorté « militants et sympathisants UMP » à être des « acteurs-clefs ».
(Source : AFP)


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