Des combattants rebelles des brigades el-Farouk criant victoire à Halfaya, près de Hama, où ils affirment avoir vaincu les troupes de l’armée loyaliste. Samar el-Hamwi/Reuters
Le chef d’état-major des forces armées iraniennes, le général Hassan Firouzabadi, avait auparavant déclaré que cette mesure faisait partie « des plans pour une guerre mondiale » ourdis par « les pays occidentaux ». Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a balayé d’un revers de main les propos du général Firouzabari, assurant qu’il était « connu pour ce type de remarques incohérentes ».
Toujours du côté de la République islamique, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian en visite à Moscou a émis hier des doutes sur l’imminence d’une chute du régime syrien, et a jugé que « l’armée et l’appareil de l’État » fonctionnaient « sans accroc ».
Exode massif
Sur le terrain, l’aviation syrienne a de nouveau mené hier des raids sur le camp palestinien de Yarmouk abritant habituellement 150 000 Palestiniens, dans le sud de Damas. Rappelons qu’un premier raid dimanche avait fait huit morts dans le camp, suivi de violents combats lundi. Les rebelles, appuyés par des combattants palestiniens qui leur sont favorables, avaient réussi plus tôt à chasser de la plus grande partie du camp des miliciens palestiniens favorables au régime, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), qui s’appuie sur un large réseau de militants et médecins en Syrie. Le quotidien al-Watan, proche du pouvoir, a pour sa part affirmé que « l’armée se préparait à une opération militaire dans le camp ».
En attendant, des soldats interdisaient l’entrée nord du camp. Selon le porte-parole de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) à Jérusalem, Sami Mhasha, « au moins 50 % des habitants ont quitté ou quittent le camp pour trouver refuge » ailleurs, notamment au Liban. Selon la Sûreté générale et l’Unrwa, 2 000 Palestiniens ont traversé la frontière libanaise dimanche et lundi, mais hier l’affluence était encore plus grande.
Pendant ce temps, des combats et des bombardements se déroulaient dans le quartier damascène de Tadamoun, ainsi que dans d’autres secteurs pauvres du sud de la capitale, toujours selon l’OSDH.
Les combats faisaient rage aussi dans la banlieue de Damas, alors que l’armée s’est retirée de plusieurs positions et localités du nord de la province de Hama, notamment du côté de Halfaya, à la suite d’attaques menées par les rebelles ces dernières 48 heures, a affirmé l’OSDH, précisant que des soldats ont été tués et des véhicules saisis. Selon un bilan provisoire de l’OSDH et de militants, les violences ont fait hier 98 morts au moins.
Situation humanitaire précaire
Sur le plan humanitaire, la responsable des opérations humanitaires de l’ONU Valerie Amos a indiqué avoir demandé au gouvernement syrien l’autorisation pour dix ONG supplémentaires de travailler en Syrie afin de porter secours à la population, lors de sa visite ce week-end à Damas, où elle a notamment rencontré le ministre des Affaires étrangères Walid Moallem.
Par ailleurs, le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies éprouve de plus en plus de difficultés à aider les Syriens, a indiqué hier Elisabeth Byrs, une porte-parole du PAM. Près de 2,5 millions de personnes ont besoin d’une aide alimentaire, a-t-elle ajouté, précisant qu’il s’agit de chiffres du Croissant-Rouge arabe syrien. La pénurie d’essence affecte la distribution de l’aide ainsi que la violence, la multiplication des attaques contre les convois humanitaires, et le nombre insuffisant de partenaires humanitaires sur le terrain.
De son côté, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué hier avoir pu visiter la semaine dernière l’hôpital de Damas le plus important et qui reçoit entre 70 et 100 blessés par jour. La plupart de ces blessés souffrent de brûlures et de blessures dues à des coups de feu ou des explosions, selon l’OMS.
Enfin, l’Union européenne a annoncé hier le versement de l’argent accompagnant son prix Nobel de la paix, augmenté de fonds supplémentaires de l’UE pour atteindre un total de 2 millions d’euros, à quatre projets en faveur de 23 000 enfants victimes de guerres et de conflits, dont environ 4 000 enfants syriens réfugiés dans des camps à la frontière entre l’Irak et la Syrie.
(Sources : agences
et rédaction)


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09 h 09, le 19 décembre 2012