De gauche à droite, le président du Conseil italien Mario Monti, le président français François Hollande et le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy avant le début du sommet, hier, à Bruxelles. Michel Euler/AFP
Les 27 chefs d’État et de gouvernement se sont retrouvés dans l’après-midi pour discuter de l’approfondissement de l’Union économique et monétaire. Soucieux de voir Rome poursuivre sur la voie des réformes, les partenaires européens de Mario Monti, de droite comme de gauche, ont apporté un soutien appuyé au chef du gouvernement italien face à son sulfureux prédécesseur Silvio Berlusconi. L’ancien chef de gouvernement s’est lancé en fin de semaine dernière dans la course pour revenir au pouvoir. Dans la foulée, M. Monti a annoncé sa prochaine démission. Deux coups de théâtre qui ont provoqué consternation et inquiétude en Europe, y compris dans le camp de M. Berlusconi. Le « Cavaliere » a participé hier avant le sommet à la traditionnelle réunion du PPE, le parti des conservateurs européens, où sa présence a embarrassé les autres dirigeants de droite.
Malgré cette ombre au tableau, les dirigeants ont travaillé hier soir dans un climat léger, après avoir remis la Grèce sous perfusion financière et après avoir obtenu un compromis sur un superviseur bancaire de la zone euro. « C’est une bonne journée pour l’Europe », a résumé le président français François Hollande à son arrivée au Conseil européen, alors que la chancelière allemande Angela Merkel soulignait que l’Union européenne avait « réussi à faire beaucoup de progrès » en 2012.
Hier matin, la zone euro s’est mise d’accord pour débloquer l’aide à la Grèce gelée depuis des mois, et elle lui versera 34,3 milliards d’euros dès la semaine prochaine. « Les décisions prises aujourd’hui marquent la fin de longs mois d’incertitude pour la Grèce », a souligné Olli Rehn, le commissaire européen en charge des Affaires économiques. « Beaucoup d’observateurs estimaient que la partie était perdue pour la Grèce (et son maintien) dans la zone euro. À l’approche de la fin de l’année, on sait que ces Cassandre ont eu tort », a-t-il ajouté. « La solidarité est bien vivante au sein de notre union », s’est réjoui le Premier ministre grec Antonis Samaras en arrivant à Bruxelles. « La Grèce est de nouveau debout », a-t-il ajouté.
La zone euro a pris cette décision cruciale après avoir évalué les résultats de l’opération de rachat de dette menée par Athènes dans l’objectif de réduire la dette publique grecque qui devrait atteindre 124 % du PIB en 2020.
Cette décision attendue depuis des mois s’ajoute à l’accord trouvé dans la nuit sur la supervision commune des banques. Un « accord historique », pour le commissaire européen chargé des Services financiers, Michel Barnier. Le mécanisme de supervision n’entrera toutefois pas en œuvre progressivement au cours de l’année 2013, comme cela avait d’abord été envisagé, mais sera opérationnel d’un coup, le 1er mars 2014.
Pour aller plus loin dans le renforcement de la zone euro et tourner la page de la crise, les dirigeants ont étudié le rapport du président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, qui distingue trois étapes : fin 2012-2013, 2013-2014 et au-delà de 2014, soit après les prochaines élections européennes. Dans le dernier projet de conclusions du sommet mis en circulation mercredi par les services de M. Van Rompuy, ce phasage précis a été supprimé. Il confirme l’idée de créer un embryon de budget commun de la zone euro, tout en soulignant que ces questions nécessitent des « consultations en profondeur » et « pourraient nécessiter un changement des traités ». « Le Conseil européen discutera de ces questions après l’élection d’un nouveau Parlement européen et la nomination d’une nouvelle Commission », précise-t-il.
(Source : AFP)


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