La « résistance » des jeunes... dans une boîte de nuit du Caire
OLJ /
le 12 décembre 2012 à 23h33
« Avec Moubarak, on a vu qu’on pouvait changer les choses. On n’a plus peur », dit Inès (23 ans), la voix posée malgré les décibels. Au Nile Maxim, une boîte de nuit du Caire, les jeunes amateurs de cocktails dansent, boivent et veulent « résister » au président islamiste Mohammad Morsi. « Bien sûr que j’irai manifester » aux côtés de l’opposition, assène-t-elle. « On a toujours résisté, que ce soit contre les militaires ou contre les islamistes. Nous continuerons », poursuit-elle. Perché au troisième étage d’un immense bateau accosté sur les rives du Nil, le Nile Maxim donne dans le clinquant : vue à couper le souffle sur le fleuve, effets lumineux sur la piste de danse, sangria et cocktails à des prix dignes d’une discothèque européenne. La clientèle est cosmopolite, cultivée et craint que son style de vie ne soit lentement grignoté par les islamistes au pouvoir et le projet de Constitution. « Je dirais qu’à 90 % la Constitution ne me pose aucun problème. Ce sont les 10 % restants qui sont réellement préoccupants », estime Ali el-Chalaqani, un jeune avocat d’affaires, barbe de trois jours et veste en cuir sur les épaules. « Il n’est fait mention nulle part de justice sociale, mais surtout la Constitution va permettre à la charia (loi islamique) d’avoir plus d’emprise sur la société », s’emporte-t-il. Comme bon nombre de ses compatriotes, Ali avait battu le pavé des jours durant début 2011 contre le régime du président déchu Hosni Moubarak. Aujourd’hui, rebelote, mais cette fois il se range du côté de l’opposition. Avec son tee-shirt à la gloire du groupe de rock britannique Pink Floyd, Moez Annabi, l’organisateur de la soirée, passe du bar aux platines, claque des bises à tout-va et s’assure que tout le monde passe un bon moment. « Aujourd’hui, on n’a pas fait le plein parce que c’est lundi, et puis les gens sont fatigués. Ils se réservent pour la manif de demain », dit-il. Le jeune homme raconte ses discussions avec des salafistes et les « crachats » qu’il dit avoir reçus. « Ils pensent qu’ils sont le peuple de Dieu, ils disent : toi, tu comprends rien », souffle Moez. « Tu vois tout ça, tous ces gens, cette musique ? J’ai peur qu’avec les islamistes, cela ne soit bientôt plus qu’un souvenir », se désole-t-il. (Source : AFP)
« Avec Moubarak, on a vu qu’on pouvait changer les choses. On n’a plus peur », dit Inès (23 ans), la voix posée malgré les décibels. Au Nile Maxim, une boîte de nuit du Caire, les jeunes amateurs de cocktails dansent, boivent et veulent « résister » au président islamiste Mohammad Morsi. « Bien sûr que j’irai manifester » aux côtés de l’opposition, assène-t-elle. « On a toujours résisté, que ce soit contre les militaires ou contre les islamistes. Nous continuerons », poursuit-elle.Perché au troisième étage d’un immense bateau accosté sur les rives du Nil, le Nile Maxim donne dans le clinquant : vue à couper le souffle sur le fleuve, effets lumineux sur la piste de danse, sangria et cocktails à des prix dignes d’une discothèque européenne. La clientèle est cosmopolite, cultivée et craint...
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