José Manuel Barroso (g.), Herman Van Rompuy (centre) et Martin Schulz lors de la cérémonie au cours de laquelle ils ont accepté le prix Nobel de la paix au nom de l’Union européenne. Photo Suzanne Plunkett/Reuters
Membre du trio chargé de recevoir le prix au nom de l’UE, le président du Conseil européen Herman Van Rompuy a longuement évoqué dans son discours les conséquences sociales dramatiques de « la pire crise économique depuis deux générations », du diplômé en quête du premier emploi au travailleur licencié. « L’épreuve à laquelle l’Europe est aujourd’hui confrontée est bien réelle », a-t-il déclaré, en répétant toutefois que l’Union sortirait « renforcée » de ses difficultés. Avant de remettre le prix aux représentants des trois principales institutions européennes – M. Van Rompuy et les présidents de la Commission José Manuel Barroso et du Parlement Martin Schulz –, le président du comité Nobel, Thorbjoern Jagland, a appelé l’UE à « aller de l’avant ». « Sauvegarder ce qui a été gagné et améliorer ce qui a été créé pour nous permettre de résoudre les problèmes menaçant la communauté européenne aujourd’hui, c’est la seule façon de résoudre les problèmes provoqués par la crise financière », a dit M. Jagland. « Ensemble, nous devons faire en sorte de ne pas perdre ce que nous avons construit sur les ruines des deux guerres mondiales », a ajouté le président du comité Nobel, connu pour son europhilie dans une Norvège qui, paradoxalement, refuse obstinément d’adhérer à l’UE.
Dans son discours parsemé de passages en différentes langues – symbole de la diversité européenne –, M. Barroso a, lui, admis les « imperfections » de l’UE mais souligné ses acquis sur un continent qui, a-t-il rappelé, a connu la Shoah, les guerres et le nationalisme extrême. « Notre quête d’unité européenne n’est pas une œuvre d’art parfaite, c’est une œuvre en cours de réalisation qui requiert une attention constante et minutieuse », a-t-il estimé. L’attribution du Nobel de la paix à l’UE a été critiquée au-delà des seuls milieux eurosceptiques, notamment parce que la crise de la zone euro a mis à rude épreuve la solidarité des États membres et provoqué des troubles sociaux parfois violents et des poussées extrémistes dans des pays comme la Grèce.
Le Nobel n’a en tout cas pas chassé les vieux démons. Ces derniers mois, les Européens ont été incapables de s’entendre sur leur futur budget commun et de parler d’une seule voix sur la demande palestinienne d’un statut rehaussé à l’ONU. Même pour la cérémonie censée les honorer, les Vingt-Sept n’ont pas réussi à accorder leurs violons : une demi-douzaine de dirigeants européens ont décliné l’invitation, pas toujours pour des questions de calendrier. Parmi les absences de marque, le Britannique David Cameron, qui ne compte pas parmi les plus euro-enthousiastes, a laissé sa place au numéro deux du gouvernement, Nick Clegg. Le président tchèque Vaclav Klaus, notoirement eurosceptique, a aussi snobé la cérémonie. « Je trouve l’absence de Klaus et de David Cameron cohérente. Les gens qui ne veulent pas de l’Union européenne, pourquoi venir ? » a réagi M. Schulz. « Je respecte cela plus qu’une présence ici qui était peut-être un peu hypocrite », a-t-il estimé.
(Source : AFP)


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