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Moyen Orient et Monde - Proche-Orient

Mechaal veut placer le Hamas au centre du jeu palestinien

Le chef en exil du mouvement islamiste a achevé hier sa première visite à Gaza.

Le chef en exil du Hamas, Khaled Mechaal, lors d'une visite à Gaza, le 10 décembre, une première. AFP / SAID KHATIB

Le chef en exil du Hamas, Khaled Mechaal, qui a achevé hier sa première visite à Gaza, veut exploiter les succès du mouvement face à Israël et les changements régionaux pour dicter les termes de la réconciliation palestinienne, selon des experts. Sorti d’une maquette géante de roquette exposée en tribune, M. Mechaal a appelé samedi ses partisans, massés pour célébrer le 25e anniversaire du Hamas, à « libérer toute la Palestine », incluant Israël, mais aussi à la réconciliation avec le Fateh du président palestinien Mahmoud Abbas.


« Khaled Mechaal a prononcé un discours très radical », commente Moukhaïmer Abou Saada, professeur de sciences politiques à l’Université al-Azhar de Gaza. « Il n’a pas du tout évoqué le fait que le Hamas était prêt à accepter un État palestinien sur les frontières de 1967 », contrairement à de récentes déclarations. « Bien qu’il ait insisté sur la réconciliation palestinienne, il a parlé d’une réconciliation aux conditions du Hamas, fondée sur les positions du Hamas et le programme de la résistance », explique M. Abou Saada. M. Mechaal et le chef du gouvernement du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, « ont parlé comme s’ils étaient sortis victorieux d’une grande guerre », souligne-t-il, après l’opération militaire israélienne du 14 au 21 novembre contre les groupes armés de Gaza.


Dans un rapport sur cette dernière confrontation, le groupe de réflexion International Crisis Group (ICG) estime que « le mouvement islamiste a prouvé qu’il était l’acteur central de la politique palestinienne ». Le Hamas voulait à cette occasion « vérifier si, en substituant l’Égypte, le Qatar et la Turquie à la Syrie et l’Iran, il avait gagné au change », précise l’ICG, en référence au réalignement des alliances du mouvement palestinien sur les régimes islamistes sunnites.
« Le monde doit savoir que, pas plus que nous n’étions inféodés à la Syrie ou à l’Iran par le passé, nous ne sommes aujourd’hui inféodés à l’Égypte, au Qatar et la Turquie », a assuré le chef du Hamas, qui a récemment quitté Damas pour Doha.


« Ses précédentes déclarations étaient plus modérées et lui avaient valu d’être accepté par la Turquie, le Qatar et l’Égypte, ce qui lui a finalement permis d’entrer dans la bande de Gaza », contrairement au chef du Jihad islamique Ramadan Challah, qui y a renoncé à la suite de menaces d’Israël, souligne Hani al-Masri, expert politique indépendant de Cisjordanie. « Le discours de Mechaal était très dur et fleurait la campagne électorale interne, d’autant plus qu’il l’a prononcé à Gaza », confirme-t-il, considérant qu’il a « conforté sa position de chef du bureau politique du mouvement », en allusion au renouvellement en cours des instances du Hamas.


Naji Charab, également professeur de science politique à l’Université al-Azhar, juge que l’objectif principal de M. Mechaal « était d’obtenir de la direction du Hamas un mandat pour la réconciliation et il y est parvenu ». « Le discours de Mechaal était assez contradictoire, car il se concentrait sur l’aspect émotionnel en s’adressant à l’audience du Hamas à Gaza, fière de sa victoire, tout en fixant une vision politique pour l’avenir », ajoute-t-il. « Cette visite rappelle celle de Yasser Arafat en 1994 à Gaza, lors du lancement de l’Autorité (palestinienne), jusqu’au discours lui-même qui était celui d’un homme d’État et non d’un chef de mouvement de résistance », relève Naji Charab.


Dans le quotidien israélien Yediot Aharonot d’hier, Eitan Haber, ancien collaborateur du Premier ministre assassiné Yitzhak Rabin, a déploré un discours qui « fait reculer la paix ». « Mais on fait la paix avec ses ennemis », a-t-il rappelé, « et le jour viendra, probablement pas si lointain, où nous devrons parler à Mechaal et à ses affidés ».

 

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Le chef en exil du Hamas, Khaled Mechaal, qui a achevé hier sa première visite à Gaza, veut exploiter les succès du mouvement face à Israël et les changements régionaux pour dicter les termes de la réconciliation palestinienne, selon des experts. Sorti d’une maquette géante de roquette exposée en tribune, M. Mechaal a appelé samedi ses partisans, massés pour célébrer le 25e anniversaire du Hamas, à « libérer toute la Palestine », incluant Israël, mais aussi à la réconciliation avec le Fateh du président palestinien Mahmoud Abbas.
« Khaled Mechaal a prononcé un discours très radical », commente Moukhaïmer Abou Saada, professeur de sciences politiques à l’Université al-Azhar de Gaza. « Il n’a pas du tout évoqué le fait que le Hamas était prêt à accepter un État palestinien sur les frontières...
commentaires (3)

Je le disais et le répéte encore, que quelque soit le résultat des soulèvements arabes, fussent ils d'instigation sunnite , chiite ou même sionisto yanky, la boussole restera bloquée sur le réglement du problème palestinien contre la présence d'un régime raciste et usurpateur. C'est pas rien de se rendre à Gaza après 37 ans d'éxil, suite à une défaite de nathan/videur, c'est aussi pas rien que le Hamas aidé des syriens et des iraniens veuillent rallier les golfettes et ottomans à sa cause, même si ces acteurs se font la guerre entre eux, il restera qu'à la fin israel aura à payer de ses crimes de 70 ans de présence due à un génocide pratiqué en Europe et que les peuples du M.O payent injustement. Finalement la nouvelle puissance régionale qu'est l'Iran aidée par la résistance du hezb aura servie d'aiguillon aux arabes du désert golfique pour la résolution de la plus criminelle occupation de ce siècle et du siècle passé.

Jaber Kamel

06 h 06, le 11 décembre 2012

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Commentaires (3)

  • Je le disais et le répéte encore, que quelque soit le résultat des soulèvements arabes, fussent ils d'instigation sunnite , chiite ou même sionisto yanky, la boussole restera bloquée sur le réglement du problème palestinien contre la présence d'un régime raciste et usurpateur. C'est pas rien de se rendre à Gaza après 37 ans d'éxil, suite à une défaite de nathan/videur, c'est aussi pas rien que le Hamas aidé des syriens et des iraniens veuillent rallier les golfettes et ottomans à sa cause, même si ces acteurs se font la guerre entre eux, il restera qu'à la fin israel aura à payer de ses crimes de 70 ans de présence due à un génocide pratiqué en Europe et que les peuples du M.O payent injustement. Finalement la nouvelle puissance régionale qu'est l'Iran aidée par la résistance du hezb aura servie d'aiguillon aux arabes du désert golfique pour la résolution de la plus criminelle occupation de ce siècle et du siècle passé.

    Jaber Kamel

    06 h 06, le 11 décembre 2012

  • La partie d'échec a commencé ! à la Grande Joie des SIO.

    SAKR LEBNAN

    02 h 55, le 11 décembre 2012

  • Ils sont mal barrés, ces Palestiniens, s'ils partent sur des bases pareilles : dialogue et réconciliation sous les conditions du Hamas. Tiens, ça me fait penser à une certaine milice illégale... Un leader en exil chez l'un, un leader enterré chez l'autre, et plus ils reçoivent des bombes sur la tête, plus ils sont contents. Que les deux blocs palestiniens s'attèlent plutôt à s'entendre et s'unir pour acquérir un peu de crédibilité qui pourrait les mener à un Etat reconnu.

    Robert Malek

    20 h 18, le 10 décembre 2012

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