Les délégués se préparaient hier à de longues discussions sur, entre autres, l’aide financière aux pays du Sud. Karim Jaafar/AFP
Les négociations patinaient toujours en fin de journée sur l’avenir du surplus de quotas d’émissions de GES hérités de Kyoto 1 et détenus en grande quantité par les ex-pays de l’Est. Ces derniers veulent pouvoir les garder et éventuellement les vendre. Les pays en développement s’en inquiètent, avançant que ces crédits ne permettent de réduire les GES que sur le papier.
L’autre dossier très épineux est celui de l’aide que les pays du Sud attendent des pays développés pour assurer une transition entre l’aide d’urgence de 30 mds USD pour 2010-2012 et la promesse des 100 mds par an d’ici à 2020. Ils demandent 60 milliards de dollars d’ici à 2015. « L’UE ne peut pas accepter un texte qui contiendrait un engagement à 60 mds d’argent public en 2015 compte tenu des contraintes budgétaires dans lesquelles nous sommes », a déclaré M. Canfin, indiquant que les négociateurs tentaient de trouver une « formule » qui « dessinerait un chemin pour arriver aux 100 milliards ». De son côté, le chef de la délégation des pays les moins développés, le Gambien Pa Ousman Jarju, a assuré : « Nous ne partirons pas d’ici sans une assurance que le financement se poursuivra. »
Ces dernières semaines, rapports et études ont tiré la sonnette d’alarme sur la réalité du changement climatique et le fait que les efforts réalisés étaient bien loin du compte. Depuis 1995, la communauté internationale se réunit chaque année, sous l’égide de l’ONU, pour tenter notamment de répartir équitablement les réductions de gaz à effet de serre (GES) entre les différentes nations.
Mais les efforts engagés dans le cadre de ces négociations laborieuses et complexes laissent le monde sur une trajectoire de +3 °C à +5 °C, largement au-dessus du seuil au-delà duquel le système climatique risque de s’emballer (2 %). Le prochain grand rendez-vous est d’ailleurs celui de 2015 à Paris pour conclure un accord « universel » sur les réductions de GES, impliquant tous les pays dont les deux grands pollueurs que sont la Chine et les États-Unis, et devant entrer en vigueur en 2020. L’ambition de Doha est bien plus modeste et porte essentiellement sur la naissance de l’acte II de Kyoto dès le 1er janvier 2013, seul outil légalement contraignant qui n’engage que les pays industrialisés, à l’exception notable des États-Unis, à réduire leurs GES. Sa portée sera essentiellement symbolique car il ne concernera que l’UE et l’Australie après le désistement du Japon, de la Russie et du Canada, soit uniquement 15 % des GES globaux. Mais les pays du Sud y tiennent, au nom de la « responsabilité historique » du Nord dans le dérèglement climatique.
(Source : agences)

