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Nos lecteurs ont la parole

De grâce, ramenez nos enfants en classe !

Carine CHAMOUN CHAMMAS
C’est une mère excédée qui écrit ce matin.Voilà bientôt deux mois que nos enfants sont pris en otages d’un conflit qui ne les concerne pas. Tiraillés entre des professeurs qui réclament justice et un gouvernement empêtré dans ses contradictions et complètement impuissant à régler, encore une fois, un problème épineux sinon insoluble. Du coup, notre semaine scolaire s’étiole à quatre jours sinon trois. Quand nous rentrons, les professeurs grévistes se souviennent soudain de leur sacerdoce et mettent les bouchées doubles et même triples. La lecon est baclée, à peine assimilée, les exercices pleuvent, les devoirs aussi. Et voilà les parents transformés les après-midi en enseignants. Il y a ceux qui s’en sortent, et il y a les autres. Au final, ce sont les enfants qui trinquent. Et deux fois plutôt qu’une. Ils font face à des mères (pères, grands-parents) ulcérés par l’amplitude de la tâche et l’étroitesse du temps (et du coup les relations se tendent). Ensuite, lors des évaluations, patatras!...
Je ne conteste pas les exigences des professeurs. Leurs droits sont bafoués, leur dignité est en jeu. Et si nos grands enfants, une fois partis dans les universités du monde entier, portent haut et beau l’étendard de leur pays, c’est à eux qu’ils le doivent. Ce que je conteste, c’est leur manière de traiter. Quand les jours de grève s’accumulent, quand le retard scolaire s’accentue, quand nos enfants ne prennent plus au sérieux les jours ouvrables parce que «la semaine prochaine il y a grève», quand ils commencent à regarder leurs professeurs d’un œil moins respectueux, quand ils traînent les jours de grève comme des âmes en peine à la maison, ou pire dans des malls, quand toute la peine qu’on a mis à leur inculquer le sens de l’effort s’en va en fumée, on dit assez!
Ces enfants sont la prunelle de nos yeux. On se saigne aux quatre veines – et pour certains ce n’est pas une figure de style – pour leur assurer la meilleure éducation possible, et en être un jour fiers. Ils n’ont pas à assumer les échecs du gouvernement ou l’entêtement des syndicats.
Leur place est à l’école. Leur éducation est leur droit. De plus, si le gouvernement est impuissant et que l’État est en faillite, ce n’est pas demain la veille qu’il iront mieux. Alors de grâce, que les établissements prennent leurs responsabilités. En acceptant de prendre en charge nos enfants, ils ont accepté la mission de les éduquer. Les scolarités qui, elles, ont subi des majorations conséquentes au cours des années précédentes au point de ne plus supporter la moindre augmentation devraient assurer les moyens de donner les cours à toutes les classes. Quitte à chercher des solutions temporaires de type service minimal pour tous, intérim, etc. Mais de grâce, ramenez nos enfants en classe!

Carine CHAMOUN CHAMMAS
C’est une mère excédée qui écrit ce matin.Voilà bientôt deux mois que nos enfants sont pris en otages d’un conflit qui ne les concerne pas. Tiraillés entre des professeurs qui réclament justice et un gouvernement empêtré dans ses contradictions et complètement impuissant à régler, encore une fois, un problème épineux sinon insoluble. Du coup, notre semaine scolaire s’étiole à quatre jours sinon trois. Quand nous rentrons, les professeurs grévistes se souviennent soudain de leur sacerdoce et mettent les bouchées doubles et même triples. La lecon est baclée, à peine assimilée, les exercices pleuvent, les devoirs aussi. Et voilà les parents transformés les après-midi en enseignants. Il y a ceux qui s’en sortent, et il y a les autres. Au final, ce sont les enfants qui trinquent. Et deux fois plutôt...
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