Des manifestations ont également été émaillées de violences dans des localités proches de Siliana, même si les débordements semblaient moins graves que la veille. La principale centrale syndicale tunisienne, l’UGTT, a par ailleurs appelé à une nouvelle manifestation aujourd’hui pour obtenir le départ du gouverneur régional, Ahmad Ezzine Mahjoubi, un programme de développement économique pour cette région très pauvre, la libération de manifestants arrêtés en avril 2011 et la fin de la répression des manifestations.
Un représentant du parti islamiste Ennahda, qui dirige le gouvernement tunisien, a dénoncé ces troubles provoqués, selon lui, par les manifestants, y voyant la main de « contre-révolutionnaires ». « Le peuple ne va pas permettre aux contre-révolutionnaires de revenir » au pouvoir, a-t-il ajouté. En soirée, le Premier ministre Hamadi Jebali a promis une enquête sur le recours à la force par la police contre les manifestants à Siliana, mais il a aussi vivement condamné les violences commises par la foule qui menacent « la démocratie ». S’adressant aux manifestants de Siliana, il a souligné que le développement économique qu’ils réclament ne peut pas être réalisé « dans le chaos », ajoutant qu’aucun responsable politique ne sera limogé sous la pression de la violence. « Le peuple est le seul habilité à dire “dégage” (au gouvernement) mais par la voie des urnes », a encore dit M. Jebali. « Nous n’accepterons pas un processus de destruction de la démocratie », a-t-il martelé.
Les revendications des manifestants ne sont pas sans rappeler celles de la révolution de janvier 2011, la misère, le chômage et la dénonciation de l’arbitraire de la police ayant été à l’époque au cœur du soulèvement. La région de Siliana est affectée par de grandes difficultés économiques. Selon des statistiques officielles, les investissements y ont baissé de 44,5 % et les créations d’emplois de 66 % sur la période janvier-octobre 2012 par rapport à la même époque de l’année précédente.
(Source : AFP)


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