Virginie Viard en petite veste noire de Chanel. Photo Karl Lagerfeld
Après Tokyo, New York, Taipei, Hong Kong ou Londres et avant Berlin et Séoul, l’exposition – entrée gratuite – a fait une halte à Paris du 10 au 25 novembre, en plein mois de la photographie. Et au Grand Palais, que Chanel connaît bien pour y organiser ses défilés.
Inspirée d’une veste d’homme autrichienne, cette petite veste droite en tweed aux poches plaquées, aux bords gansés et aux boutons siglés d’un double « C » compose le fameux tailleur créé en 1954 par Coco Chanel. Un ensemble qui se voulait fonctionnel, en rupture par rapport au style contraignant de l’époque. « Ce n’est pas un hommage, je n’aime pas ce mot », a déclaré à l’AFP Karl Lagerfeld. « C’est étonnant qu’un vêtement (comme la petite veste) puisse devenir l’équivalent d’un jean ou d’un tee-shirt », a ajouté le couturier qui n’a cessé de le réinterpréter depuis son arrivée dans la maison.
De la complicité du couturier-photographe avec Carine Roitfeld, directrice mondiale de la mode du magazine américain Harper’s Bazaar et ancienne patronne du Vogue France, est né ce projet devenu également un livre, sorti en septembre aux éditions Steidl. Karl Lagerfeld a tiré les portraits en noir et blanc d’une centaine de personnalités, hommes et femmes de tous âges, comédiens, chanteurs, mannequins etc., portant la fameuse veste noire et incarnant des personnages différents. L’esprit se veut joyeux, le ton décalé. Carine Roitfeld elle-même devient Gabrielle Chanel, l’actrice Sarah Jessica Parker une reine d’un jour, etc. Gaspard Ulliel a choisi pour sa part de porter la veste avec un treillis plus viril. Le projet devait être plus modeste au départ, mais a fini par prendre de l’ampleur.
Des photos préférées ? Karl Lagerfeld a aimé sa séance avec Yoko Ono qui « a dansé sa vie » pour lui, ou Micheline Chaban-Delmas, veuve de l’ancien Premier ministre de Georges Pompidou, « sa voisine » et « presque sa photo préférée » car elle « a le courage » d’apparaître ridée et sans maquillage.
Le président des activités mode de Chanel, Bruno Pavlovsky, est ravi du succès remporté par l’exposition, comme à Londres dernièrement où elle a accueilli plus de 160 000 visiteurs. Comme pour d’autres expositions, le « Mobil Art Tour », « Culture Chanel à Pékin ou « Chanel l’Art comme univers » à Moscou, l’idée est de « s’exprimer de façon complémentaire », à l’instar du numérique, par rapport aux collections et campagnes de publicité, explique Bruno Pavlovsky. « Tout cela nourrit l’image de la marque. Il est important de faire comprendre à tous nos clients anciens et nouveaux que Chanel, c’est une histoire qui existe depuis longtemps, basée sur la modernité et sur des codes très forts créés par Mlle Chanel et réinterprétés en permanence par Karl Lagerfeld », a-t-il expliqué.
Bruno Pavlovsky n’a pas voulu révéler le coût de cette exposition itinérante mais a affirmé que son budget était « moins important » que celui d’un défilé. Face aux demandes, l’exposition pourrait jouer les prolongations dans le monde : « Je pense qu’on en aura encore un certain nombre au premier semestre 2013 », a-t-il conclu.

