La réponse du Hamas était supérieure aux craintes israéliennes, malgré la protection de leur territoire par le « Dôme d’acier » ou plutôt « en gruyère » puisqu’il s’est révélé efficace dans seulement 20 à 30 % des cas, selon diverses sources. Les fusées palestiniennes ont été capables d’atteindre Jérusalem et Tel-Aviv.
Les diplomaties européenne et occidentale se sont affairées très rapidement pour faire cesser les hostilités en s’appuyant sur le nouveau président égyptien Mohammad Morsi.
Cette façon de régler, ou plutôt de faire cesser le feu rapidement après le déclenchement des hostilités –
sept jours tout de même – contraste singulièrement avec la latence dont avait fait montre l’administration américaine lors de la guerre de 2006 au Liban et en 2008-2009 contre Gaza et le Hamas, quand le moment choisi pour faire intervenir les diplomates était prématuré, dixit Condoleezza Rice, la secrétaire d’État de l’ère Bush.
Qu’est-ce qui a changé dans la conception de la fin de la guerre entre Israël et la Palestine dans la tête des Occidentaux ? Serait-ce de la maturité politique, de la clairvoyance, ou le constat de l’échec de la suprématie d’Israël malgré sa supériorité aérienne, maritime et terrestre face à la résistance d’un peuple qui lutte pour libérer ses territoires ?
Qu’est-ce qui a changé dans la tête des responsables israéliens pour qu’ils accueillent aussi rapidement Ban Ki Moon, le secrétaire général des Nations unies !
Nous avons été habitués à voir Tel-Aviv ignorer les résolutions des Nations unies et masser des troupes à la frontière avec Gaza fortes de plus de 30 000 réservistes sans les envoyer sur le terrain ennemi. Serait-ce de la maturité politique, du calcul stratégique, ou la peur de s’embarquer pour un enlisement qui ressemblerait fort à ce que Tsahal a dû subir sur le territoire libanais ?
Ce qui nous paraît acquis, c’est la conviction d’Israël que sa façon de ne pas communiquer avec le Hamas ou le Hezbollah a radicalement changé, et l’attaque de Gaza n’a fait que le confirmer davantage, s’agissant autant des politiciens que des militaires.
La suprématie militaire n’est plus un argument convainquant pour imposer sa supériorité ou exiger son point de vue.
Cela a été rendu possible grâce aux résistants et à l’armement dont disposent les deux résistances, l’une libanaise et l’autre palestinienne.
Pour les peuples subissant l’injustice dans cette région du Proche-Orient, le salut ne viendra ni des Nations unies, ni des États-Unis, ni de l’Union européenne, ni de la Turquie, et encore moins de l’Arabie saoudite ou du Qatar.
Non, l’armement est de provenance iranienne, et la conviction est locale et nationale.
Si Mahmoud Abbas ne l’a pas encore compris, il est grand temps pour lui de le comprendre.
Combien de temps et de vies innocentes perdus, de guerres faudra-t-il encore aux responsables israéliens pour le comprendre ?
Dr Riad JREIGE
Montpellier – France


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