C’est un petit coffret comprenant des dépliants de photos et textes bilingues (français et anglais) sur Karnataka, un État situé au sud de l’Inde que Tina Bourade, jeune voyageuse possédant «les dons ultimes de l’observation et du partage», comme le signale Maroun Nehmé dans la note d’introduction, a visité en profondeur.
Elle en a rapporté des émotions, entre énergie spirituelle et compassion accrue, des proverbes exprimant la sagesse indienne et un beau bouquet d’images. L’ensemble, agrémenté d’un poème de Sylvaine Arabo, compose Visage du Karnataka, un petit objet éditorial de belle facture édité et vendu par la Librairie Orientale. Un ouvrage qui contribue aussi, à travers 1 dollar prélevé sur le prix d’achat de chaque exemplaire et reversé à l’association Enedsa, à l’éducation des enfants dans les zones rurales de cette région du sous-continent indien.
De la belle ouvrage autant dans la forme (dépliants en accordéon déroulant des photos esthétisantes sur impression de qualité) que dans le fond qui, à travers quelques maximes et des strophes d’un poème louant le sourire, la dignité, la force, les véritables richesse et beauté ainsi que la souffrance de l’Inde, apportent au lecteur un apaisant dépaysement. Et lui distillent de sages et millénaires maximes. À l’instar de celle-ci plus que jamais d’actualité: «Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière asséchée, le dernier poisson pêché, l’homme va s’apercevoir que l’argent n’est pas comestible.»
C’est doux et revigorant à la fois comme ces myriades de fleurs, de couleurs, d’énergies et de visages pacifiques et souriants captés par le viseur de Tina Bourad et qui symbolisent «le sourire de l’Inde». Dont un extrait de Saraswati recommande de: «N’aller point le chercher dans l’atmosphère feutrée des hôtels luxueux/ Des palais puissants, ou dans le cœur branché des métropoles/ Prenez plutôt les chemins sinueux des campagnes, à l’ombre des villages/ Sur les visages des faibles et des pauvres/ Dans la poussière immémoriale du travail recommencé.»
Z.Z.

