Clément Cheroux.
Sur une idée d’Akram Zaatari et de Clément Cheroux, s’inspirant du titre de l’ouvrage History: The Last Things Before the Last (1969) de Siegfried Kracauer, dans lequel l’auteur fait l’hypothèse d’une «analogie fondamentale» entre le travail de l’historien et celui du photographe, le Centre Pompidou et la Fondation arabe pour l’image organisent, en partenariat avec l’Institut français et la Fondation Saradar, un symposium intitulé «L’histoire des avant-dernières choses: l’art comme une écriture de l’histoire», le vendredi 30 novembre et le samedi 1er décembre, au Home Workspace, Ashkal Alwan, Jisr el-Wati. Cette rencontre a pour objectif de donner aux artistes, en présence d’historiens ainsi que d’intellectuels libanais et français, une plateforme pour échanger sur leur investissement permanent concernant l’écriture de l’histoire. Les questions abordées lors de ce symposium feront l’objet d’une publication qui paraîtra ultérieurement.
«Le travail de l’historien et celui du photographe sont tous deux tributaires d’une réalité donnée qui nécessite une interprétation. Ils entretiennent un même rapport dialectique avec le monde réel, fondé sur la dépendance autant que sur la distanciation. Les pratiques artistiques qui se sont développées au Liban dans les années 1990 et 2000 semblent avoir intégré, transposé et développé les idées de Kracauer», affirme le texte du symposium.
Et de poursuivre: « Les artistes de cette génération, aujourd’hui pour la plupart quarantenaires, utilisent fréquemment le médium photographique ou les techniques analogiques qui en sont dérivées, comme le cinéma ou la vidéo. Ils s’interrogent sur l’histoire de leur pays, bouleversant la notion même de narration et l’utilisation du document comme preuve dans l’écriture (ou la réécriture) de l’histoire, mais aussi de la mémoire, générant ainsi une confusion entre le passé et le présent. Ce faisant, ils posent des questions fondamentales sur le pouvoir du document, la valeur politique ou plastique de l’archive. Ils cherchent à redéfinir la “vérité” en la libérant de ses liens avec le factuel et, par conséquent, en spéculant sur la fragilité de la “vérité” historique. Ce qui a été appelé par commodité la “scène libanaise” constitue aujourd’hui un environnement où les questionnements essentiels sur la responsabilité de l’artiste face à l’histoire ont trouvé un terrain fertile, mais aussi un lieu où l’histoire est devenue un sujet de recherche désiré par les artistes.»
Rappelons que Clément Cheroux est un historien de la photographie et un commissaire d’exposition français. Il est également conservateur pour la photographie au Centre Pompidou.
Akram Zaatari, architecte de formation, artiste, vidéaste et réalisateur, cofondateur de la Fondation arabe pour l’image, a été sélectionné pour représenter le Liban à la 55e Biennale de Venise.
Le programme du symposium se présente comme suit:
Vendredi 30 novembre
– 10h30 : note de bienvenue d’Akram Zaatari, suivie par une introduction de Clément Cheroux.
– 11h : Walid Sadek donne une conférence intitulée «Le prochain des survivants».
– 12h : table ronde sous l’intitulé «Multiples histoires», réunissant Ghassan Salhab («Récits») et Lamia Joreige («Dossiers pour des temps
incertains»).
– 13h30: Catherine Grenier («Les artistes face
à l’histoire»).
– 14h30: pause déjeuner.
– 15h30: Tony Chakar de «One Hundred Thousand
Solitudes»
– 16h30: Stephanie Baumann «Ceci n’est pas un centre d’archives».
– 17h30: Georges Didi-Huberman/Arno Gisinger: «Histoires de fantômes pour grandes personnes».
Samedi 1er décembre
– 11h: conversation entre Jean-Luc Moulène et Akram Zaatari.
– 12h: table ronde sous l’intitulé «The Replica» avec Marwa Arsanios («Construire et reconstruire le décor»), Ali Cherri («De la terre vers l’espace et retour) et Marwan Rechmaoui («Monuments pour les vivants»).
– 13h30: Khalil Joreige et Joana Hadjithomas: « R.R.R. sur LRS, un étrange sentiment de déjà-vu».
– 14h30: pause déjeuner.
– 15h45: Akram Zaatari, projection du film On Photography, People and Modern Times, 38 minutes, 2010.
– 16h30: Walid Raad, «Walkthrough».
– 17h30: Paola Yacoub «The Coming Archive».
Les places étant limitées, la priorité sera donnée aux premiers venus. Les interventions sont en anglais ou en français. Des traductions simultanées sont prévues.
Informations aux adresses : www.ashkalalwan.org,
www.fai.org.lb,
www.centrepompidou.fr


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