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Nos lecteurs ont la parole

Les élections législatives, un défi pour l’avenir du Liban

Rita MAALOUF
Depuis l’assassinat du général Wissam el-Hassan le 19 octobre, la coalition de l’opposition du 14 Mars réclame la chute du gouvernement du Premier ministre Nagib Mikati, qu’elle accuse d’avoir été mis en place par le Hezbollah.
C’est dans ce contexte difficile que le président de la République française, M. François Hollande, a visité le Liban le 3 novembre. Lors de sa visite, il s’est contenté d’un entretien et d’une conférence de presse avec son homologue libanais, le général Michel Sleimane. Cet entretien était en soi un message de soutien de la France à l’État libanais à travers son chef, tout en évitant d’entrer dans la confrontation qui oppose le gouvernement à ses détracteurs.
François Hollande a condamné la violence politique qui a frappé le Liban et affirmé le refus de l’impunité pour ceux qui en sont responsables. Il a également rappelé le rôle de la France qui n’est ni de déterminer la forme du prochain gouvernement ni de définir le mode de scrutin des élections législatives de 2013. Celles-ci sont des affaires libanaises internes, mais la France souhaite aider le Liban à sortir de l’impasse, en soutenant ses institutions et en favorisant le rapprochement des points de vue.
Le président de la République française a rappelé que la France tient à protéger le Liban de toute déstabilisation venant de la Syrie et soutient tous ceux qui respectent cette indépendance vis-à-vis de l’État voisin. Le gouvernement français favorisera tous les efforts de la justice libanaise visant à faire la lumière sur l’affaire relative à Michel Samaha, de même que sur l’assassinat du général el-Hassan et celui de Rafic Hariri.
Par ailleurs, François Hollande a affirmé non seulement que les élections législatives libanaises prévues pour le printemps 2013 devraient être maintenues, mais encore que la communauté internationale devrait faciliter leur organisation, en dépit du souhait de certaines forces déstabilisatrices de faire échouer le processus électoral.
L’absence de ce processus démocratique dans le pays mettrait en péril la souveraineté et l’indépendance du Liban. L’annulation des élections serait également un signe de faiblesse adressé à Bachar el-Assad qui, en déstabilisant le Liban, pourrait détourner l’attention internationale de son pays.
De plus, l’absence d’élections plongerait le pays dans une grande instabilité, favorisant l’émergence des groupes radicaux qui menaceraient de transformer les tensions libanaises internes en conflits armés. Dans la conjoncture locale et régionale actuelle, nul ne peut courir un risque aussi dévastateur. La montée des groupuscules extrémistes ne serait-elle pas prise comme un prétexte pour une attaque contre le Liban par l’armée israélienne ? N’aurait-elle pas pour conséquence la mise en place de sanctions financières contre le Liban de la part de l’Union européenne et des États-Unis d’Amérique?
Dans ce contexte, la communauté internationale semble avoir plusieurs cartes à jouer afin de relancer la dynamique politique au pays du Cèdre, dans le but de le stabiliser et de créer un climat favorable pour les prochaines élections, dans le respect de la Constitution libanaise et des instituions de l’État. Les dirigeants politiques libanais ont également leur part de responsabilité, afin d’éviter que la paralysie politique n’aboutisse à l’effondrement économique.

Rita MAALOUF
Première secrétaire PS Liban
Depuis l’assassinat du général Wissam el-Hassan le 19 octobre, la coalition de l’opposition du 14 Mars réclame la chute du gouvernement du Premier ministre Nagib Mikati, qu’elle accuse d’avoir été mis en place par le Hezbollah. C’est dans ce contexte difficile que le président de la République française, M. François Hollande, a visité le Liban le 3 novembre. Lors de sa visite, il s’est contenté d’un entretien et d’une conférence de presse avec son homologue libanais, le général Michel Sleimane. Cet entretien était en soi un message de soutien de la France à l’État libanais à travers son chef, tout en évitant d’entrer dans la confrontation qui oppose le gouvernement à ses détracteurs.François Hollande a condamné la violence politique qui a frappé le Liban et affirmé le refus de l’impunité...
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