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Moyen Orient et Monde - Affaire Pussy Riot

À Moscou, Merkel interpelle et irrite Poutine

Le président russe Vladimir Poutine et la chancelière allemande Angela Merkel ont eu un échange acerbe hier sur le cas des deux jeunes femmes des Pussy Riot emprisonnées, lors d’un forum germano-russe à Moscou, qui rassemble des représentants de la société civile des deux pays. Mme Merkel s’est en effet interrogée devant le président russe sur la condamnation de deux des membres du groupe Pussy Riot à deux ans de camp pour une « prière punk » anti-Poutine chantée en février dans la cathédrale de Moscou.
« Fallait-il envoyer les deux jeunes femmes dans un camp ? Je ne sais pas. Je ne sais pas si cela se serait passé ainsi en Allemagne », a déclaré Mme Merkel, alors que la condamnation des deux jeunes femmes, confirmée en appel en octobre alors qu’une troisième a été libérée, a suscité de vives critiques en Occident.
Visiblement irrité par les remarques de la chancelière, M. Poutine a affirmé que les Pussy Riot étaient « antisémites » et estimé qu’il n’était pas possible de les « soutenir ». Le président russe a enfoncé le clou lors de la conférence de presse commune à l’issue de ses entretiens avec Mme Merkel. « Je crois qu’il faudrait comprendre à qui on a à faire. Je ne pense pas que l’Allemagne moderne devrait soutenir l’antisémitisme », a déclaré M. Poutine, répondant à la question d’une journaliste qui mettait en doute sa version des faits. Il faisait apparemment allusion à une action de 2008 du groupe contestataire et libertaire Voïna, auquel appartenait alors une des jeunes femmes, qui avait mis en scène la pendaison d’homosexuels, de juifs et d’immigrés dans un supermarché, dans un apparent but de provocation.
Le chef de la diplomatie allemande Guido Westerwelle s’était prononcé lundi pour un « dialogue critique ouvert » avec Moscou, et les députés des partis conservateurs et libéraux au pouvoir en Allemagne avaient appelé auparavant, dans une motion débattue au Parlement à Berlin, le gouvernement Merkel à s’engager en faveur de davantage de démocratie en Russie. Les critiques allemandes à l’égard de la Russie se sont ainsi multipliées avant la visite de Mme Merkel, les députés du Parlement allemand se disant « particulièrement » inquiets des récentes mesures prises contre des opposants au régime russe, dans une motion débattue au Bundestag. Moscou a été irrité notamment par les critiques du chargé de mission pour la Russie au sein du gouvernement allemand, Andreas Schockenhoff, qui a participé à la préparation de cette motion. Signe des tensions entre les deux pays, M. Schockenhoff s’est vu interdire hier l’accès à la Chambre basse du Parlement russe (Douma) et n’a pu rencontrer aucun responsable au ministère russe des Affaires étrangères, selon son bureau à Berlin.
Le Kremlin s’est, lui, efforcé de minimiser les critiques sur les questions relatives aux libertés, le porte-parole de M. Poutine, Dmitri Peskov, les mettant sur le compte des élections prévues l’an prochain en Allemagne. L’enjeu des échanges commerciaux russo-allemands, qui atteignent 87 milliards de dollars, constitue un « filet de sécurité » pour les relations entre les deux pays, a également avancé M. Peskov.

(Source : AFP)
Le président russe Vladimir Poutine et la chancelière allemande Angela Merkel ont eu un échange acerbe hier sur le cas des deux jeunes femmes des Pussy Riot emprisonnées, lors d’un forum germano-russe à Moscou, qui rassemble des représentants de la société civile des deux pays. Mme Merkel s’est en effet interrogée devant le président russe sur la condamnation de deux des membres du groupe Pussy Riot à deux ans de camp pour une « prière punk » anti-Poutine chantée en février dans la cathédrale de Moscou.« Fallait-il envoyer les deux jeunes femmes dans un camp ? Je ne sais pas. Je ne sais pas si cela se serait passé ainsi en Allemagne », a déclaré Mme Merkel, alors que la condamnation des deux jeunes femmes, confirmée en appel en octobre alors qu’une troisième a été libérée, a suscité de vives...
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