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Culture - Exposition

Charbel Samuel Aoun à la recherche du printemps perdu

Sur une série de grands formats exposés à la Smogallery*, Charbel Samuel Aoun a reproduit son printemps mais aussi les autres saisons qu’il tente de retrouver dans un amas de métal et de bitume.

La lumière, issue de la nature et au centre des toiles de Charbel Samuel Aoun.

Il s’est installé depuis cinq ans dans une banlieue de Beyrouth où il plante, bêche et taille plantes et arbres. Mais le jardin secret de cet architecte est également la peinture depuis qu’il s’y est consacré totalement. Avec «Lost Spring», exposé récemment à la Smogallery, l’artiste est en connexion directe avec la terre. En parfaite fusion avec l’organique. Sur le canevas, branchages, brindilles et même coton planté sur son terrain s’entremêlent, s’enchevêtrent comme des mèches folles reflétant les émotions et les impulsions de ce jeune artiste sensible. «Je voulais peindre une autre réalité que celle que nous observons tous les jours, dit Charbel Samuel Aoun. J’ai donc retrouvé dans la nature tout ce qui émaille notre quotidien: la mort, l’amour, la vie, mais aussi la sécheresse, la floraison et le renouveau.»

Magma de couleurs
Une quête débridée et une course effrénée l’emmènent dans un périple au pays des harmonies, mais également de la lumière. «Je laisse ma main circuler librement sur la toile, animée par un bouillon d’émotions, confie l’artiste. C’est elle qui réussira à les mélanger, à les unir, en réinventant à chaque fois des teintes nouvelles par la magie du “dripping”». «Au départ donc, il n’y a que quatre couleurs primaires, le blanc, le bleu foncé, le rouge et le jaune mais à l’arrivée, il y en a des centaines», poursuit l’artiste.
Pour Charbel Samuel Aoun, le printemps au Liban n’existe presque plus car l’architecture a défiguré la nature qui tend à disparaître. Quant à ce qu’on appelle printemps arabe, doit-on, selon lui, restreindre des pays entiers à une appellation devenue aujourd’hui
exsangue?
«Pendant que je travaillais, renchérit l’artiste, il me semblait que je ne pouvais m’arrêter car rien n’était planifié, tout prenait naissance à l’instant même. Je réalisais que je reproduisais l’arbre et la nature dans ses différentes étapes. Dans leur évolution.» Une sculpture faite de branchages du jardin, «plantée» au milieu de la galerie, reflète d’ailleurs cet état des choses.
En plongeant dans ces folles broussailles, on pourrait ainsi suivre le chemin de la clarté, cette clarté que diffuse le centre de la toile comme si l’œuvre renvoyait sa propre lumière. Et se laisser envahir par cet infini cosmique, sans limite, dans lequel l’artiste a tenté de retrouver des images... d’un printemps qui semblait perdu.

*Smogallery (La Quarantaine), jusqu’au 26 novembre. Tél. : 01/572202.
Il s’est installé depuis cinq ans dans une banlieue de Beyrouth où il plante, bêche et taille plantes et arbres. Mais le jardin secret de cet architecte est également la peinture depuis qu’il s’y est consacré totalement. Avec «Lost Spring», exposé récemment à la Smogallery, l’artiste est en connexion directe avec la terre. En parfaite fusion avec l’organique. Sur le canevas, branchages, brindilles et même coton planté sur son terrain s’entremêlent, s’enchevêtrent comme des mèches folles reflétant les émotions et les impulsions de ce jeune artiste sensible. «Je voulais peindre une autre réalité que celle que nous observons tous les jours, dit Charbel Samuel Aoun. J’ai donc retrouvé dans la nature tout ce qui émaille notre quotidien: la mort, l’amour, la vie, mais aussi la sécheresse, la floraison...
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