Un soldat israélien monte la garde dans un poste avancé situé sur la ligne de désengagement de 1974 sur le plateau du Golan. Nir Elias/Reuters
À l’exception de violences les 15 mai et 5 juin 2011, quand l’armée israélienne avait tiré sur des réfugiés palestiniens qui tentaient de franchir la ligne de cessez-le-feu à l’occasion des anniversaires de la création d’Israël et de la guerre des Six-Jours, faisant une trentaine de morts selon l’ONU, ce front était virtuellement éteint. Lundi et mardi, les troupes israéliennes ont ouvert le feu au-delà de la ligne de désengagement de 1974, en riposte à des tirs syriens apparemment accidentels, pour la première fois sur le Golan depuis la fin de la guerre de 1973.
« Tout cela reste encore limité », déclare Itamar Rabinovitch, ancien ambassadeur aux États-Unis, qui a représenté Israël lors de pourparlers de paix avec la Syrie. « Mais la possibilité existe que cela se transforme en un souci majeur », prévient-il. « La volonté du gouvernement israélien est clairement d’étouffer dans l’œuf (tout débordement) et de réagir fermement afin d’envoyer un message clair que cela ne sera pas toléré », estime-t-il. Michael Eppel, spécialiste du Moyen-Orient à l’université de Haïfa, estime également que les violences restent limitées, d’autant que « l’armée syrienne n’est pas en mesure de mener des opérations d’envergure, car elle est tellement occupée par ailleurs ». « Mais le désordre et l’anarchie si proches de la frontière, cela pose problème à Israël », remarque-t-il.
L’armée israélienne estime que les tirs syriens sont accidentels, intervenant « dans le cadre du conflit interne » entre le régime et la rébellion. Mais selon M. Rabinovitch, ils pourraient également être le résultat de « l’initiative locale » de chefs militaires sur le terrain. Quelles que soient les motivations, les dirigeants israéliens privilégient l’apaisement. « La frontière est calme depuis la guerre du Kippour (1973) et nous souhaitons que cela continue ainsi », a souligné mardi le président Shimon Peres. Si ces incidents se multiplient, affirme M. Rabinovitch, Israël « se retrouvera sur la corde raide ». Les dirigeants israéliens devront « les contenir tout en évitant que cela devienne trop grave », confirme M. Eppel. « Ils doivent dissuader, sans en faire une crise supplémentaire qui ne serait pas dans l’intérêt d’Israël », ajoute-t-il.
Cette région verdoyante, où se sont installés quelque 20 000 colons israéliens, qui vivent notamment de l’agriculture, aux côtés des 18 000 druzes qui y sont restés, sur une population initiale de 150 000 Syriens, contient une importante station de surveillance israélienne et les principales sources du Jourdain et du lac de Tibériade, qui fournissent à Israël 30 % de son eau.
Toutes les négociations de paix israélo-syriennes ont achoppé sur le Golan, dont Damas exige la restitution totale jusqu’aux rives du lac de Tibériade. Le quotidien israélien Yediot Aharonot a rapporté en octobre, citant un compte-rendu rédigé par le diplomate américain qui les a conduites, que des négociations en 2011 ont tourné court en raison du soulèvement en Syrie. Selon les informations du journal, démenties par le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a qualifié cette initiative « d’ancienne et non pertinente », M. Netanyahu était prêt à « un retrait total du plateau du Golan et son retour sous souveraineté syrienne, en échange d’un accord de paix complet comportant l’échange d’ambassades ».
© AFP


OCCUPATION ! "ANNEXION", NON ? !
04 h 40, le 15 novembre 2012