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Liban - Retrouvailles

Nouveau départ dans les relations entre les Kataëb et Souhaid

Il a fallu une longue entrevue hier à Bickfaya entre Farès Souhaid et les maîtres des lieux, Amine et Samy Gemayel, pour mettre un terme à trois ans de petits conflits latéraux et de petites polémiques par médias interposés qui ont contribué à crisper quelque peu le climat politique général au sein du 14 Mars.

L’entretien Samy Gemayel-Farès Souhaid, hier, à Bickfaya.

Trois ans durant lesquels le parti Kataëb a pratiqué la politique de la chaise vide au secrétariat général du 14 Mars, en signe de protestation contre une série de questions globalement d’ordre administratif. Le duel à fleurets mouchetés avec le coordinateur général du 14 Mars avait progressé en dents de scie, avant d’exploser soudain il y a quelques semaines, au terme d’une émission télévisée diffusée par la LBCI durant laquelle Farès Souhaid avait critiqué Samy Gemayel sur ses options politiques, s’attirant une réponse immédiate du jeune député, puis de deux de ses seconds le lendemain, Serge Dagher et Sejaan Azzi.


Depuis hier, tout cela fait désormais partie du passé. Les circonstances pressantes et l’exigence de l’unité des rangs face aux dangers, surtout après l’assassinat de Wissam el-Hassan, ont précipité les efforts de nombre de médiateurs – politiques, journalistes, militants –, qui avaient fait la navette ces dernières semaines entre Bickfaya et le secrétariat général du 14 Mars pour défricher le terrain et ouvrir la voie à une éclaircie. Des efforts d’ores et déjà couronnés de succès, puisque le retour des Kataëb au secrétariat général a fait dès hier soir l’objet d’un débat lors de la réunion hebdomadaire du bureau politique à Saïfi. Et même si aucune décision n’a pour l’instant été prise dans un sens ou dans l’autre, il reste que le climat général qui s’est dégagé de la rencontre d’hier pave la voie à un réchauffement concret entre le parti Kataëb et le secrétariat général du 14 Mars, lequel devrait, en toute logique, déboucher sur le retour des représentants du parti à la table de coordination générale du mouvement à Achrafieh.


Samy Gemayel a donc reçu l’ancien député Farès Souhaid hier à Bickfaya, en présence de Michel el-Khoury, membre du bureau politique du parti et autrefois représentant des Kataëb au secrétariat général, avant la rupture. L’ancien président de la République Amine Gemayel a ensuite rejoint les trois hommes pour un véritable lavage des cœurs au cours duquel tous les points de divergences et tous les griefs ont été mis sur le tapis, notamment le dernier incident de la LBCI. La discussion a rapidement dépassé la dimension personnelle du conflit entre MM. Gemayel fils et Souhaid pour se focaliser sur le véritable problème : la gestion du secrétariat général du 14 Mars, ardemment critiquée par le parti Kataëb, qui estime que l’organisme ne remplit pas sa fonction première d’une manière optimale, en l’occurrence la coordination entre les partis membres du 14 Mars, et se disperse ailleurs, ce qui se répercute sur l’ensemble de la coalition. Une vision qui n’est pas partagée par Farès Souhaid, lequel estime offrir, à travers le secrétariat, une plus-value, à savoir une plate-forme fondamentale garantissant la participation des indépendants et de l’opinion publique.

La proposition Kataëb
Au cours du point de presse qu’il a par la suite effectué avec M. Souhaid, Samy Gemayel a donné lecture d’un document qui devrait servir, dans l’optique des Kataëb, de proposition de feuille de route pour redynamiser l’action du secrétariat général. « Le problème n’est pas de nature personnelle. Il ne s’agit pas non plus d’un conflit entre les partis et les indépendants. Le problème est de nature structurelle et organisationnelle », a indiqué M. Gemayel, avant de présenter son document.


Ce document prévoit d’abord quatre cadres d’organisation du 14 Mars. Le premier rassemble les députés et les ministres du 14 Mars en vue d’une coordination sur les affaires parlementaires et ministérielles. Le second rassemble indépendants et membres de la société civile du 14 Mars de manière à leur donner un moyen de s’exprimer sans aucune tutelle de la part de quiconque, notamment de la part des partis, et sans que ces indépendants et membres de la société civile ne soient réduits à trois ou quatre personnes. « Nous sommes pour la formation d’un rassemblement groupant des indépendants et des membres de la société civile du 14 Mars qui pourront exprimer leurs opinions d’une manière totalement indépendante, et qui pourront être la bonne conscience qui nous rappelle à nos devoirs et nous sanctionne lorsque nous commettons des erreurs », a indiqué Samy Gemayel. Le troisième cadre d’organisation, pour les Kataëb, est le secrétariat général, qui devrait regrouper un nombre égal de représentants de partis et d’indépendants (8 ou 10 représentants des partis et 8 ou 10 indépendants, par exemple), délégués par les partis et les rassemblements d’indépendants de manière à ce qu’ils possèdent, bien entendu, une légitimité et une représentativité. Le quatrième cadre, enfin, est le directoire du 14 Mars, formé, toujours selon la proposition des Kataëb, des chefs de partis et de représentants des indépendants et de la société civile du 14 Mars, de manière à ce que ces derniers soient associés au processus décisionnel. « De cette manière, celui qui prend les décisions est le directoire, tandis que le secrétariat général est un cadre de coordination, d’organisation, de réflexion et de débat. Tous ces cadres organisationnels sont réunis dans le cadre d’une assemblée générale qui se réunit périodiquement, une fois tous les trois mois, pour des évaluations », a ajouté M. Gemayel.


Le député a par ailleurs rappelé que, sur le plan politique, le 14 Mars n’est pas un parti, mais une coalition de partis, d’indépendants et d’une opinion publique, réunis sur quatre idées fondamentales: le rejet des armes illégales quelle qu’en soit l’identité et, partant, le rejet des armes du Hezbollah ; l’attachement au tribunal international qui doit établir la justice ; la préservation du régime démocratique et de l’alternance au pouvoir; et l’édification d’un État développé et civilisé. « En dehors de ces quatre points, chaque personne est libre de ses opinions et de mener la politique sociale, économique et environnementale qu’elle souhaite, et aucune partie n’a le droit d’imposer ses opinions aux autres. Sinon, nous serions en train de créer un parti, ce qui n’est pas demandé », a-t-il ajouté, en souhaitant que la situation chaotique sur le plan de la coordination au sein du 14 Mars appartienne désormais au passé.

Souhaid
De son côté, Farès Souhaid a d’abord rappelé le rôle fondateur joué par les Kataëb au niveau du 14 Mars, notamment au sein du Rassemblement de Kornet Chehwane. Il a estimé que les points de litige entre lui et le parti n’étaient pas essentiels, et qu’un accord a été trouvé pour élaborer une solution à ces différends de manière à pouvoir optimiser la performance du 14 Mars face aux dangers. « Notre bataille n’est pas à l’intérieur du 14 Mars, ni entre indépendants et partisans, ni contre les Kataëb ou tel autre parti. Notre bataille est contre le Hezbollah et les dangers qui guettent le Liban », a-t-il noté. « Le 14 Mars est une idée, pas un parti ou un groupe de partis. Ni l’opinion publique peut remplacer les partis ni les partis peuvent monopoliser et résumer l’opinion publique », a souligné M. Souhaid. « Nous sommes tous garants du 14 Mars, les partis et nous-mêmes », a-t-il ajouté, en promettant de remettre la proposition Kataëb aux autres composantes du 14 Mars pour s’entendre sur le développement des mécanismes de coordination au sein du mouvement.


Signalons par ailleurs que dans le cadre des efforts visant à ressouder les liens entre les différentes parties du 14 Mars, M. Souhaid a également rencontré hier soir le « Amid » du Bloc national (BN), Carlos Eddé, dont le parti a lui aussi suspendu il y a quelques années sa participation aux réunions du secrétariat général. M. Souhaid a instamment demandé à M. Eddé de réintégrer les rangs du secrétariat général. Le Amid du BN a insisté à l’issue de sa rencontre sur le fait que son parti partage la même lecture que le 14 Mars sur le plan stratégique et politique, malgré certaines divergences sur certaines décisions prises par le passé.

 

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commentaires (3)

F A B U L E U X, ces maronites.....

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

05 h 55, le 13 novembre 2012

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Commentaires (3)

  • F A B U L E U X, ces maronites.....

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    05 h 55, le 13 novembre 2012

  • Je me demande, après son discours d'hier, et la "grandeur d'âme" dont il s'est affublé lui-même, d'accepter de dialoguer avec les autres "uniquement sur ses conditions" quel choix H.N. a-t-il laissé aux autres, autre que celui de refuser "le Dialogue qui n'en est pas un" ! Amin Gémayel doit être bien déçu, comme tous les Libanais qui pensaient encore qu'un Dialogue était toujours possible. Il vient de torpiller le Dialogue et de TUER ce minime ESPOIR dont se berçaient encore les Libanais. Le HAKIM sort " FORTIFIÉ " après ce discours.

    SAKR LEBNAN

    02 h 27, le 13 novembre 2012

  • Espérant que cet entrevue va accoucher quelque chose. Le problème, c'est qu'il y a trop de partis chez nous pour un tout petit Pays, ce qui mène à un dialogue des sourds et du temps perdu. Le temps presse, il faut sauver notre Pays. Laissez vos partis de côté et formez la vraie résistance pour la libération du Liban.

    Tannous Jean

    21 h 29, le 12 novembre 2012

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