Réunis mardi à Bamako, les chefs d’état-major de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ont adopté ce qu’ils appellent un « concept stratégique », en réalité un plan de reconquête armée du nord du Mali. « Nous sommes très satisfaits », a déclaré le chef d’état-major de l’armée malienne, le colonel-major Ibrahim Dembélé. « Globalement, le concept a été adopté » et des « troupes amies vont venir ici aider le Mali à reconquérir le Nord », a-t-il ajouté. Le « concept stratégique » précise la composition de la force qui interviendra au Mali avec l’aval de l’ONU et le soutien logistique de pays occidentaux, le niveau de participation des pays de la Cédéao qui en constitueront le noyau, le financement et les moyens militaires dont elle devra disposer. Aucun détail n’a cependant été rendu public à l’issue de la rencontre des chefs d’état-major. « C’est un plan ambitieux, il faut prévoir un peu plus de 4 000 personnes en cas d’intervention militaire. Nous avons étudié tous les paramètres, maintenant, nous attendons les directives de nos chefs d’État », a simplement déclaré un officier béninois participant à la rencontre.
Le concept, s’il est approuvé par la Cédéao, sera alors transmis d’ici au 26 novembre au Conseil de sécurité de l’ONU qui devra à son tour se prononcer pour, éventuellement, voter une résolution donnant le feu vert définitif au déploiement de la force.
Les groupes islamistes armés imposent dans le nord du Mali la charia avec une extrême rigueur (lapidations de couples non mariés, amputations de présumés voleurs, coups de fouet aux buveurs d’alcool) et y commettent de nombreuses exactions et destructions de monuments sacrés. En outre, des dizaines de jeunes Européens et Africains vivant en Europe rallient ou tentent de rejoindre ces groupes, selon diverses sources sécuritaires régionales. « Outre trois ressortissants français qui sont actuellement au sein d’AQMI (el-Qaëda au Maghreb islamique), il y a désormais un ressortissant britannique à Tombouctou », a indiqué une source sécuritaire malienne. Fin octobre, des témoins et des sources sécuritaires avaient affirmé que des « centaines » de jihadistes étaient également venus du Soudan et du Sahara occidental, pour se battre dans la perspective de l’envoi dans la région d’une force armée étrangère.
(Source : AFP)


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