Le leader des Kataëb s’entretenant avec le chef de la diplomatie égyptienne. Photo Dalati et Nohra
Dans une déclaration à la presse, M. Amro a notamment souligné que « la formation d’un nouveau gouvernement (au Liban) est du ressort du peuple libanais ». Le chef de la diplomatie égyptienne, dont la visite durera deux jours, s’est entretenu avec M. Samir Geagea à Meerab en présence du député Antoine Zahra et de l’ambassadeur égyptien Achraf Hamdi. Le ministre égyptien a qualifié la réunion de « fructueuse ». « C’est un message de soutien de la part du président Morsi et du peuple égyptien que j’apporte au Liban, et nous sommes confiants du fait que le peuple libanais est capable de surmonter ses difficultés. L’Égypte ne veut rien imposer aux Libanais et nous sommes là pour entendre ce qu’ils ont à dire », a-t-il ajouté, appelant à ce que justice soit faite dans l’attentat contre le chef des renseignements des FSI, Wissam el-Hassan.
M. Geagea a pour sa part indiqué que « le ministre égyptien a transmis aux Libanais un message de paix et de fraternité ». « La formation d’un nouveau gouvernement n’a pas été discutée durant la réunion, vu que c’est une affaire intérieure », a souligné M. Geagea. Concernant la question de la formation d’un nouveau gouvernement, le leader des FL a souligné que « le vide n’existe pas d’un point de vue constitutionnel ». « Si certains craignent le vide au niveau exécutif, a-t-il déclaré, ils doivent alors faciliter la tâche d’un nouveau Premier ministre. » M. Geagea a déclaré que « la visite du président français François Hollande a montré que certains pays se sentent embarrassés d’avoir à communiquer avec le cabinet actuel ». Il s’est finalement dit contre le report des prochaines législatives, quel qu’en soit le prétexte.
Avec Amine Gemayel
Le ministre Amro a été également reçu par le président de la Chambre Nabih Berry, à Aïn el-Tiné, puis par le président du parti Kataëb, Amine Gemayel, à Saïfi. Ce dernier a affirmé que « la visite du ministre égyptien est rassurante, car elle indique que Le Caire joue à nouveau un rôle positif pour maintenir la stabilité au Liban ». En réponse à une question à propos de la reprise du dialogue, le président Gemayel a déclaré : « Nous soutenons le dialogue et la communication, et nous envisageons peut-être de tenir plus d’une réunion avec le président Sleiman pour résoudre le problème du cabinet qui doit nécessairement s’en aller pour le bien du pays. »
En fin de journée, le chef de la diplomatie égyptienne s’est rendu à la Maison du Centre où il a tenu une réunion avec le président Fouad Siniora, en présence du député Nohad Machnouk, de M. Nader Hariri, chef de cabinet de l’ancien Premier ministre et leader du courant du Futur, Saad Hariri, de l’ancien ministre Mohammad Chatah et du conseiller économique du président Siniora, M. Mazen Soueid.
Le ministre Amro a également rendu visite en fin de journée au chef du CPL, Michel Aoun. À l’issue de l’entrevue, le chef de la diplomatie égyptienne a souligné que l’objectif de son pays est de relancer le rôle de l’Égypte dans son environnement arabe et africain. « Les relations libano-égyptiennes reviennent à la situation ante », a-t-il notamment déclaré.
Notons enfin que M. Amro est entré en contact avec le chef du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, qui s’est excusé de ne pouvoir le rencontrer à Beyrouth pour des raisons de sécurité. M. Joumblatt a tenu à réaffirmer « qu’il faut éviter tout vide politique », précisant qu’il est ouvert à la proposition d’« une mise en place d’un cabinet d’union nationale, sans lier cela à un départ de Nagib Mikati ».
Pas d’initiative égyptienne
Il convient d’indiquer dans ce cadre que selon notre correspondant diplomatique Khalil Fleyhane, le chef de la diplomatie égyptienne n’est pas porteur d’une quelconque initiative visant à sortir le Liban de la crise. M. Amro a simplement pour mission de s’enquérir de la situation au Liban après l’assassinat du chef des renseignements des FSI, Wissam el-Hassan, mettant l’accent sur la position du nouveau pouvoir égyptien qui rejette les violations syriennes de la souveraineté libanaise aux frontières entre les deux pays.
Notons que M. Amro doit conférer aujourd’hui avec le président Michel Sleiman, le Premier ministre Nagib Mikati et le chef de la diplomatie, Adnane Mansour.

