Premier livre sur « Les Libanais dans le monde » publié par le journaliste Antoine Saad aux éditions Tout l’Orient et reprenant les articles de Roberto Khatlab.
De notre temps, leurs descendants les Libanais vivent en diaspora comme d’autres peuples tels que les Irlandais, les Italiens, les Portugais, les Espagnols, etc. Mais le cas des Libanais est exceptionnel, sinon unique. En effet, alors que les autres peuples se sont concentrés dans certains pays, tels que les États-Unis, le Brésil, l’Argentine et d’autres pays d’Amérique du Nord et du Sud, d’Australie ou d’Extrême-Orient, les Libanais se sont répandus dans le monde entier jusqu’aux confins les plus reculés, tels que l’île de la Réunion, Costa Rica, Haïti, les Philippines, etc. où ils jouent un rôle très important et occupent souvent des positions capitales.
Mais ce qui est le plus remarquable, c’est que les Libanais de la diaspora n’ont jamais cessé, depuis la fin du XIXe siècle jusqu’à nos jours, de transférer des fonds considérables à leurs parents au Liban. De nos jours, ces fonds varient entre six et huit milliards de dollars annuellement. Et c’est grâce à ces transferts que, malgré une balance commerciale très déficitaire, le Liban parvient à avoir des comptes excédentaires et que la monnaie libanaise est demeurée forte en dépit de toutes les guerres, des invasions et des troubles intérieurs qui ont ensanglanté notre pays depuis cinquante ans.
Durant la première moitié du XXe siècle, les liens du Liban avec la diaspora, et notamment avec les pays d’Amérique latine tels, que le Brésil, l’Argentine, le Mexique, ainsi qu’avec les États-Unis, étaient intenses et les voyages dans les deux sens entre ces pays et le Liban étaient permanents en dépit du fait que les liaisons à l’époque n’avaient lieu que par voie maritime.
Malheureusement, dès la seconde moitié de XXe siècle, des révolutions, des coups d’État et autres troubles intérieurs ont bouleversé la plupart des pays d’Amérique latine dont les monnaies et les économies se sont effondrées, et les relations du Liban et des Libanais avec ces pays se sont distendues. D’autre part, depuis 1975, les troubles, les guerres et les invasions ont bouleversé le Liban à son tour, son image à l’étranger et dans les pays de la diaspora a été gravement ternie, et ses liens avec la diaspora se sont encore plus relâchés, sinon parfois coupés.
Il est impératif que les autorités libanaises, toutes communautés confondues, réalisent l’importance capitale et vitale pour notre pays de notre diaspora et prennent les mesures nécessaires pour rétablir nos liens avec elle tels qu’ils existaient au début du XXe siècle.»


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