Concertations de dernière minute avant l’ouverture du Conseil des ministres.Photo Dalati et Nohra
Comme s’il s’agissait de prouver son efficacité après la tempête qui a suivi l’assassinat de Wissam el-Hassan, et pour marquer surtout le retour à la normale après les demandes incessantes de démission adressée au Premier ministre par l’opposition, le gouvernement a mis hier les bouchées doubles en matière de nominations diplomatiques.
Il a ainsi avalisé la promotion de 27 conseillers au rang d’ambassadeur. Six diplomates ont été en outre permutés et transférés à l’administration centrale. Et comme le dicte la tradition qui veut que l’on choisisse dans le lot quelques diplomates hors cadre, cinq ont ainsi été nommés, une décision qui toutefois n’a pas obtenu l’aval des ministres de Walid Joumblatt qui ont marqué leur objection non sans avoir fait part de leurs réserves avant la séance.
Il est toutefois important de relever que les ambassadeurs affectés aux grandes capitales comme Washington, New York, Paris et Londres ont été maintenus à leurs postes.
Quant aux cinq diplomates nommés hors cadre, il s’agit de Moustapha Adib, le directeur du bureau du chef du gouvernement, Nagib Mikati, désigné au poste de Berlin (il ne rejoindra effectivement son poste qu’en juin 2013, soit à la fin du mandat de Ramez Dimachkiyé qu’il remplacera) ; Antonio Andari, nommé en Argentine, Élias Lebbos au Venezuela, Khodr Helwé au Koweït et Khalil Karam à l’Unesco.
En chœur, les ministres – à l’exception de ceux du Front de lutte nationale – ont qualifié cette décision de « véritable réalisation ». Des informations obtenues par notre correspondante au Sérail, Hoda Chédid, ont fait part de discussions qui ont lieu durant la séance autour des noms choisis hors cadre, ainsi que sur le mécanisme mis en place pour la sélection des candidats, préalablement approuvé par la Fonction publique.
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La règle de quotes-parts respectée
Comme on pouvait s’y attendre, les cinq diplomates désignés l’ont été dans le respect de l’équilibre confessionnel. D’ailleurs, le recours à la nomination de plusieurs diplomates hors cadre, conformément à une logique de répartition des quotes-parts, a été considéré par les ministres joumblattistes comme étant un acte de « provocation » à un moment aussi critique que celui-ci.
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Dans son intervention, le chef de l’État a tenu à répondre à ceux qui l’avaient accusé d’effectuer, de manière anticonstitutionnelle, des consultations parlementaires en vue de la formation d’un nouveau gouvernement. Il a relevé qu’il effectuait des concertations dans le but de mettre en place et de toute urgence la table de dialogue et non des consultations, et que ce sont plutôt ses visiteurs qui évoquaient avec lui l’opportunité d’un nouveau gouvernement.
Et le président de réitérer sa position consistant à dire que s’il s’agit de changer l’actuel gouvernement pour une meilleure équipe, un cabinet d’union nationale par exemple, à la lumière de ces circonstances exceptionnelles, les portes sont ouvertes. Tendant une fois de plus la main à l’opposition, M. Sleiman a espéré que cette dernière puisse revenir sur sa décision de boycottage surtout que le principe du dialogue ne saurait être rejeté par personne encore moins lié à des conditions préalables.
Le président de la République a tenu à rappeler à cette occasion l’attachement de la communauté internationale à la stabilité politique et sécuritaire au Liban. Il n’a pas oublié de saluer au passage les efforts déployés par l’armée et par les forces de l’ordre en général pour ramener le calme et contrôler les débordements lorsque le Sérail avait été pris d’assaut.
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Indemnisation des victimes de l’immeuble de Fassouh
Évoquant le désastre provoqué par l’ouragan Sandy aux États-Unis, M. Sleiman a tenu à exprimer sa solidarité avec les victimes, confiant au ministre des Affaires étrangères la tâche de s’enquérir des Libanais vivant dans les régions sinistrées.
Le chef de l’État avait entamé son discours en évoquant la tragédie qui a eu lieu à Achrafieh, le jour de l’assassinat de l’officier des FSI. Le président a saisi l’occasion pour annoncer la signature, par le ministre des Finances, des crédits destinés à compenser les victimes de l’immeuble Fassouh qui s’était effondré en janvier dernier. Le dossier a été transféré au Haut Comité de secours afin qu’il commence à payer les ayants droit, a-t-on appris.
Le Premier ministre, Nagib Mikati, s’est dit prêt au dialogue loin de l’escalade et des manœuvres, car « nous ne tolérerons pas le vide politique », a-t-il insisté, soulignant que la démission du gouvernement, si elle devait avoir lieu, ne doit pas être l’occasion du déclenchement d’une nouvelle crise, mais un moyen de régler la crise qui prévaut actuellement. M Mikati a constaté que les campagnes visant son gouvernement se sont accentuées « pour des raisons désormais connues de tous », soulignant qu’elles n’ont d’ailleurs jamais cessé depuis la mise en place de l’exécutif.
« Des parties au sein de l’opposition tentent aujourd’hui de faire assumer à notre gouvernement la responsabilité de tout ce qui s’est passé dans le pays, à commencer par les crises sociale, monétaire et économique qui existaient déjà avant même la formation du gouvernement (...), en passant par la responsabilité de l’assassinat du général Wissam el-Hassan », a-t-il dit, avant de rappeler que la première mesure prise par l’équipe en place a été de déférer le crime devant la Cour de justice.
Pour le chef du gouvernement, la meilleure façon de répondre aux campagnes de dénigrement « est de réactiver le travail gouvernemental et de le préserver et non en s’enlisant dans des joutes verbales par médias interposés », réitérant son invitation au dialogue.
Outre le train des nominations et permutations diplomatiques, le gouvernement a approuvé son ordre du jour formé de 90 points d’ordre principalement administratif.
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Efficacité et "indispensabilité" . Plus que jamais Hajj Nagib est indispensable aux tueurs de Damas et leurs "collègues" locaux.
05 h 46, le 01 novembre 2012