Une autre menace potentielle pèse sur le 6 novembre, celle représentée par le dossier particulièrement explosif de la politique étrangère. Un éditorialiste de l’hebdomadaire Time, Joe Klein, s’est amusé à compter le nombre de fois où les points de tension dans le monde ont été évoqués lors du débat du 22 octobre à Boca Raton. Israël, écrit-il, a été cité trente-quatre fois, mais ni l’Inde, ni la crise de l’euro, ni le réchauffement planétaire et ses conséquences n’ont eu droit à une mention. La raison est que, s’agissant de l’État hébreu, son évocation dans la discussion est susceptible de gagner la sympathie de tous ceux qu’effraie une insécurité grandissante dans le monde arabe, motivée par la montée en influence de l’extrémisme religieux. Mais, pour le reste, le désintérêt est quasi total. En cette fin d’année, l’Américain moyen veut entendre ses dirigeants lui parler de ses problèmes au quotidien : le prix de l’essence, les possibilités d’embauche, le coût que représenteront l’éducation de ses enfants et la santé de sa famille, etc.
Rien que de parfaitement logique, on en conviendra d’autant plus volontiers que ces soucis, on les retrouve à des degrés divers partout ailleurs. Oui, mais il se trouve que les États-Unis représentent nolens volens la plus grande, sinon l’unique superpuissance – en attendant une hypothétique entrée en lice de la Chine – et qu’à ce titre, ils sont censés superviser la bonne marche des affaires du globe. Le regard absent que nous portons sur le reste de notre planète Terre, écrit Morton Abramovitz, de la Century Foundation, provient du fait que la politique étrangère n’est pas inscrite dans l’ADN de la nation. Plus que jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, ajoute-t-il, nous sommes convaincus de la justesse de notre conduite et de notre propos ; nous représentons, croyons-nous, la plus grande force du Bien et partant, le recours à la force ne saurait qu’être placé au service des bonnes causes.
Voilà pour l’aspect moral. Qu’en est-il des considérations géopolitiques ? L’Amérique est tournée vers le Pacifique plutôt que vers l’Atlantique et aussi, cela est évident, vers le continent dont elle fait partie, comprendre l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud. De plus, étant un pays (relativement) jeune et donc intéressé par l’avenir, les USA portent sur le passé une attention toute relative. De tout cela il ressort que la priorité doit être donnée aux nations qui risquent de se fourvoyer dans des chemins de traverse. On ne peut oublier que l’entrée en guerre de Washington date du 7 décembre 1941, soit au jour même de Pearl Harbor, qui avait représenté un casus belli par excellence. Mais auparavant, le Japon avait déjà attaqué et occupé les Philippines, la Birmanie, Hong Kong, Singapour et l’Indonésie vers lesquels lorgnaient les Américains.
La pierre angulaire de la politique proche-orientale de Barack Obama est représentée par ce qu’il est convenu depuis d’appeler le discours du Caire, prononcé le 4 juin 2009 dans le hall principal de l’université de la capitale égyptienne. Intitulé « A new beginning » (Un nouveau départ), il était imprégné de bons sentiments et enrobé d’un sentimentalisme très obomanien appelant à la coexistence entre les nations et à la réconciliation entre les peuples. On sait ce qu’il en est advenu.
L’un des principaux griefs retenus par Mitt Romney à l’encontre de son adversaire est qu’il est trop subtil (« nuanced »). Mais on sait ce qu’il en a coûté dans le passé d’être manichéen. Colin Powell vient de renvoyer la critique à son expéditeur, qualifié par lui de « moving target ». En foi de quoi, l’ancien secrétaire d’État de George W. Bush a fait valoir qu’il votera Obama. Question de nuances, là aussi.


En cas d'égalité parfaite, les pecheurs en eau trouble sont connus, bush en avait profité pour être le plus idiot des présidents, de même sera mitt (eux) rom (gné).Entre temps il y a eu un glissement de terrain économique, la Chine et l'Inde seront les 2 plus grandes puissances mondiales autour de 2040, suivi du Japon et en 5eme position, non pas les yankies, mais bien le Brésil. C'est dire que cela soit mitt ou obama, ils n'auront qu'à gérer la crise du déclin d'un empire injuste et qui aura coulé en voulant trop s'accrocher à son bébé gâté, arrogant et hargneux.
11 h 55, le 30 octobre 2012