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Moyen Orient et Monde - Tunisie

Les tensions persistent, le pouvoir appelle au dialogue

Les dirigeants tunisiens ont plaidé pour l’apaisement dans le pays, qui marquait hier le premier anniversaire de l’élection de l’Assemblée nationale constituante (ANC) dans un climat de tensions croissantes émaillées de violences. « Nous ne pouvons rien construire sur la base de la haine et de la remise en cause de l’autre », a souligné à la tribune de l’ANC le président Moncef Marzouki, appelant les partis à cesser de se « diaboliser » les uns les autres. Le Premier ministre, l’islamiste Hamadi Jebali, a appelé les forces politiques à assumer leur « responsabilité historique » et à ne pas « pousser la situation vers la crise, la surenchère et la violence ».
L’anniversaire des premières élections libres de l’histoire de la Tunisie intervient dans un climat délétère, avec notamment la mort la semaine dernière à Tataouine d’un opposant dans des affrontements entre partisans des islamistes d’Ennahda, qui dirigent le gouvernement, et leurs adversaires. Autre signe de ces divisions profondes, des députés d’opposition ont boycotté les discours des dirigeants tunisiens devant l’ANC. La principale centrale syndicale, l’UGTT, avait tenté le 16 octobre d’organiser un « dialogue national », mais Ennahda et le parti de M. Marzouki l’ont boycotté. En retour, l’opposition a rejeté la proposition du pouvoir d’organiser des élections le 23 juin 2013, et aucun calendrier pour l’adoption de la Constitution n’a émergé. De ce fait, une partie des opposants juge que le gouvernement a perdu sa légitimité, l’Assemblée ayant échoué à adopter comme promis dans un délai d’un an la nouvelle Constitution. Symboliquement, l’Assemblée doit néanmoins débattre du préambule de la future Loi fondamentale, un premier débat en plénière sur le contenu de ce texte.
Des centaines de manifestants propouvoir et d’opposition étaient par ailleurs réunis devant l’ANC et s’invectivaient. Aucun débordement n’a été signalé, alors que les manifestations sont régulièrement dispersées sans ménagement ou dégénèrent en affrontements avec la police.

Appel salafiste
Ce 1er anniversaire a aussi été l’occasion pour le chef salafiste Seif Allah Ibn Hussein, alias Abou Iyadh, de s’attaquer dans une vidéo diffusée sur Internet au pouvoir tunisien. « Peuple, tu commences aujourd’hui à sentir, à toucher la réalité des courants laïcs, soumis à la volonté de puissances étrangères qui veulent te contraindre à l’apostasie », a dit le chef du groupe Ansar al-charia. En fuite depuis l’attaque de l’ambassade des États-Unis à Tunis mi-septembre, il a ainsi appelé, après un mois de silence, les Tunisiens à s’unir pour protéger leur pays des « mécréants ».
Enfin, Amnesty International a exprimé ses doutes sur l’engagement en faveur des droits de l’homme des autorités tunisiennes. « Les progrès réalisés en matière de droits humains après le renversement de Ben Ali sont battus en brèche par l’équipe gouvernementale au pouvoir, qui suscite des doutes sur son engagement en faveur de réformes », relève l’ONG. Dans son rapport intitulé « la Tunisie, un pas en avant, deux pas en arrière », elle souligne que « les restrictions à la liberté d’expression se sont durcies » sous prétexte « de maintien de l’ordre public et moral ».
(Source : AFP)
Les dirigeants tunisiens ont plaidé pour l’apaisement dans le pays, qui marquait hier le premier anniversaire de l’élection de l’Assemblée nationale constituante (ANC) dans un climat de tensions croissantes émaillées de violences. « Nous ne pouvons rien construire sur la base de la haine et de la remise en cause de l’autre », a souligné à la tribune de l’ANC le président Moncef Marzouki, appelant les partis à cesser de se « diaboliser » les uns les autres. Le Premier ministre, l’islamiste Hamadi Jebali, a appelé les forces politiques à assumer leur « responsabilité historique » et à ne pas « pousser la situation vers la crise, la surenchère et la violence ».L’anniversaire des premières élections libres de l’histoire de la Tunisie intervient dans un climat délétère, avec notamment la mort...
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