Deux consultations populaires en moins d’un an, c’est le signe que, dans le pays, la démocratie se porte mal. Et de fait, la vie politique au Koweït est sous perfusion, les problèmes ne faisant que se multiplier depuis le 20 juin dernier, quand le Conseil constitutionnel avait jugé « illégal » le scrutin législatif de février de cette année, remporté par les islamistes. Depuis, la démocratie a le tournis : l’assemblée issue des élections de 2009 puis dissoute en décembre est réinvestie, dissoute de nouveau sans même avoir tenu une seule séance de travail, alors que se multiplient les accusations de corruption et que gronde la rue ; trois manifestations sont organisées et le bruit circule que des arrestations vont intervenir dans les prochaines heures. Déjà il est question d’une nouvelle loi électorale, aussitôt soupçonnée de modifier la physionomie du Parlement dans un sens favorable à la famille régnante des Sabah.
Lundi dernier, des milliers de Koweïtiens, défiant le pouvoir qui venait d’interdire les manifestations, descendent dans la rue. Direction : la place Erada où se trouve le siège de l’Assemblée nationale. Un orateur, Moussallam el-Barrack, harangue la foule, mais à travers celle-ci, c’est à l’émir, cheikh Sabah el-Ahmad el-Sabah, 83 ans et membre d’une famille qui détient le pouvoir depuis 250 ans, qu’il s’adresse. « Altesse, dit-il, nous ne vous permettrons pas de conduire le pays vers les abysses de l’autocratie. Elle est révolue l’époque où nous craignions vos cachots et les gourdins de vos hommes. Si vous décidez d’amender la loi électorale, vous serez l’unique responsable de la dégradation de la situation et il vous reviendra à vous, et à vous seul de trouver une solution. » Davantage que le propos, c’est le ton qui est nouveau : de par la Constitution, en effet, il est interdit de critiquer l’émir dont l’autorité ne saurait être mise en doute.
Dans l’échauffourée qui s’ensuit, le fils de la figure de proue de l’opposition et ancien président de l’Assemblée nationale, Ahmad el-Saadoun, est arrêté ainsi que trois députés : Falah el-Sawwagh, Badr al-Dahoum et Khaled el-Tahouss, une mesure peu sage car elle va engendrer de nouveaux mouvements de protestation, estime la caste politique, pour une fois unie. C’est pourquoi les tribus viennent d’être appelées à la rescousse. Convoqués par le palais, leurs chefs ne se sont pas fait prier pour reconnaître « la nécessité » d’un amendement de la loi électorale, « ce qui ne peut que servir l’intérêt supérieur de la nation ». Des législateurs ont même trouvé qu’une telle mesure était « de nature à donner un nouvel élan à la démocratie ». Fait rarissime dans les annales de l’émirat, les principaux membres du clan des Sabah ont tenu une réunion à l’issue de laquelle ils ont fait paraître un communiqué qui représente, citation du Coran à l’appui, un véritable acte d’allégeance. « Le prince héritier (75 ans), en sa qualité de président du conseil (de la famille), tient à affirmer le droit de l’émir à être obéi. »
Il ne faut pas croire cependant que le problème est uniquement politique ; il est socio-économique aussi. Plus tôt dans l’année, des grèves en série avaient éclaté, dont l’une, la plus importante, avait paralysé la compagnie d’aviation nationale, la « Kuwait Airways ». S’inscrivant à l’évidence dans la foulée du « printemps arabe », un autre débrayage avait paralysé les postes de douanes et bloqué le transit de centaines de camions à la frontière. Habitué à des conditions de travail idylliques, le Koweïtien moyen s’accommodait plutôt mal des restrictions motivées par les nécessités budgétaires nouvelles et comprenait mal que des problèmes puissent se poser à une nation, membre de l’OPEC, qui dispose de 20 pour cent des réserves mondiales de brut et dont les caisses regorgent de réserves (plus de 400 milliards de dollars).
Le malaise né de cette conjoncture, ajouté au flottement constaté au sein de l’État ainsi qu’aux tentatives maladroites de musellement de l’opposition – couronnées par la « tolérance zéro » décrétée au plus fort des divers mouvement de protestation–, tout cela aura abouti à l’interruption d’un dialogue, qui se poursuivait cahin-caha certes, mais qui permettait d’éviter certains dérapages comme ceux intervenus ces derniers jours.
Depuis 2006, le Koweït a connu neuf démissions de gouvernement et six dissolutions de Parlement dont cinq sur décision de l’émir. Dans n’importe quel autre pays, on aurait conclu, au vu d’une aussi flagrante instabilité, qu’il convient de s’atteler d’urgence à une révision institutionnelle.


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C'est là que ça devrait normalement se passer, les révoltes doivent se faire en pays bensaoud en priorité, et non pas en Afrique du Nord ou je ne sais au Congo, comme hollande le demande lors de son passage chez Kabila.Et ensuite avec le crédit de la justesse des combats de ces peuples qui n'en peuvent plus des 250 ans de misère intellectuelles de ces démocraties du désert, on pourra s'atteler à dégommer les autres dictateurs à la solde des sio/yankies, pour aboutir à la libèration des peuples arabes du racisme et de xenophobie israelienne des nathan/videurs et acendants et descendants.Sinon en quoi un mobarak ou benali seraient écartés par leurs employeurs et pas de qataris et bensaouds de toutes sortes ???
09 h 57, le 23 octobre 2012