Humberto de la Calle, le chef de la délégation gouvernementale à l’aéroport de Bogota. Photo Eitan Abramovitch/AFP
Par souci d’efficacité et de sécurité, les pourparlers sont entourés d’une extrême discrétion. Selon les rares détails qui ont filtré de leur programme, les protagonistes devaient se réunir dès hier après-midi dans un lieu tenu secret et essentiellement évoquer des questions techniques avant le coup d’envoi des pourparlers. Aujourd’huià 15h00 (13h00 GMT), ils devraient donner une conférence de presse dans un hôtel de Hurdal, une petite localité au nord d’Oslo. « Nous partons avec de l’espoir et un optimisme modéré », a commenté mardi l’ancien vice-président Humberto De la Calle, chef de la délégation du gouvernement, en embarquant à bord d’un avion spécialement affrété à l’aéroport militaire de Bogota. La venue des négociateurs en Norvège a été émaillée de retards liés à des intempéries mais aussi aux contretemps rencontrés dans la levée des mandats d’arrêt internationaux à l’encontre des délégués des FARC. Le choix de la guérilla d’inclure au dernier moment dans sa délégation une rebelle de nationalité néerlandaise, Tanja Nijmeijer, a pu aussi retarder le processus, réalisant toutefois un coup médiatique. Seule recrue européenne connue des FARC, cette femme de 34 ans, séduite par le combat de la rébellion marxiste lors de ses études dans le pays latino-américain, s’y est enrôlée il y a plus de 10 ans. « Sa participation est un coup politique vis-à-vis de l’opinion publique de l’Union européenne où avait couru l’idée que les FARC la retenaient de force », a expliqué Ariel Avila, enquêteur auprès de l’institut Nuevo Arco Iris, spécialiste du conflit colombien. « C’est aussi une manière d’envoyer un message aux jeunes, de montrer un visage aimable », ajoute M. Avila, en estimant que cette femme svelte à la longue chevelure brune devrait attirer l’attention des médias internationaux.
C’est à La Havane que les deux camps devraient aborder le vif du sujet. Les chapitres discutés devraient alors être le développement rural, la participation à la vie politique des futurs mouvements issus de la rébellion, la fin définitive des hostilités, le trafic de drogue – source de financement des rebelles – et la situation des victimes. La question d’un cessez-le-feu, rejetée par le président colombien Juan Manuel Santos avant un accord final, devrait aussi être mise sur la table par les FARC, plus ancienne rébellion d’Amérique latine.
De son côté, l’ex-président Alvaro Uribe, partisan d’une ligne dure pendant sa présidence (2002-2010), s’est dit « préoccupé » par les négociations. « On ne peut pas comprendre que l’avenir d’un pays se négocie avec le terrorisme », a-t-il dit dans un entretien au journal espagnol ABC.
Fondées en 1964 lors d’une insurrection paysanne, les FARC, la plus importante rébellion de Colombie, sont aujourd’hui militairement affaiblies après la mort de plusieurs dirigeants. Leurs effectifs ont été divisés de moitié en 10 ans, à environ 9 000 combattants, selon les autorités, repliés dans les régions rurales après une série de revers militaires.
(Source : AFP)

