Sous la houlette de Vikram Pandit, la société s’est refait une santé, éliminant les activités les plus risquées et réduisant son périmètre pour se recentrer sur les activités bancaires de base. Richard Clement/Files/Reuters
Vikram Pandit s’est expliqué dans un cours mémo transmis aux employés. « Après cinq années extraordinaires j’ai décidé de démissionner », dit-il dans ce mémo. « Les résultats d’hier montrent clairement que nous avons redressé l’entreprise. Je ne pourrais pas être plus optimiste pour l’avenir de la banque. » « Nous respectons la décision de Vikram », a réagi Michael O’Neill, le président du conseil d’administration, dans un communiqué, soulignant que « depuis sa nomination au début de la crise financière et jusqu’à aujourd’hui, Vikram a restructuré et recapitalisé l’entreprise ». « Le conseil d’administration et moi lui sommes reconnaissants pour avoir mené l’entreprise avec intégrité et résilience à travers la crise », a-t-il ajouté.
Il a fait valoir que Michael Corbat, qui dirigeait jusqu’à présent les activités de la banque américaine en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique, avait à son actif une expérience très variée dans tous les métiers bancaires. Ce dernier a annoncé qu’il étudierait les comptes du groupe au cours des prochaines semaines et que cela déboucherait sur des « changements ».
Citigroup, qui fut la première banque américaine avant la crise, quand son ex-dirigeant et fondateur Sandy Weill en avait fait un mastodonte financier, s’est retrouvée l’une des institutions financières américaines les plus fragilisées par la crise. Sous la houlette de Vikram Pandit, la société s’est refait une santé, éliminant les activités les plus risquées et réduisant son périmètre pour se recentrer sur les activités bancaires de base. Le communiqué précise que le départ de John Havens était prévu pour la fin de l’année, mais qu’il a été avancé « au regard de la démission de M. Pandit ». L’action progressait de 0,22 % à 36,74 dollars en début de séance à boursière après avoir d’abord piqué du nez à l’annonce du départ de M. Pandit. Wall Street s’interrogeait sur ce départ précipité. « Les investisseurs se demandent probablement s’il n’y a pas quelque chose qui ne va pas », remarquait le site d’analystes 247Wallst.com. Twitter bruissait aussi de rumeurs. « Qu’est-ce que fuit Pandit ? Le Libor ? Des poursuites du département américain de la justice ? Des actifs pourris ? », s’interrogeait un courtier signant Finansakrobat. D’autres soulignaient que l’action du groupe avait plongé de 90 % depuis l’arrivée de M. Pandit à la tête du groupe et ne remontait pas malgré la reprise du secteur bancaire, contrairement aux titres concurrents.
M. Oja estimait toutefois que Vikram Pandit quittait Citi « en position de force ». « Je pense qu’il part à cause d’un différend sur sa rémunération », ajoutait l’analyste de Standard & Poor’s. M. Pandit, qui a fait fortune en arrivant chez Citi en 2007 à la faveur du rachat de son fonds d’investissement lui ayant rapporté plus de 160 millions de dollars, avait renoncé à sa rémunération tant que les comptes du groupe étaient dans le rouge. Le conseil d’administration avait proposé pour 2011 une rémunération de 15 millions de dollars, mais les actionnaires l’ont rejetée en assemblée générale. Interrogé récemment sur la rémunération que recevrait finalement M. Pandit au titre de l’an dernier, un porte-parole s’était contenté de répondre que le CA continuait de « discuter avec les actionnaires », sans plus de détails.
(Source : AFP)

