Pas compétitive, pas écologique
Mais cette pénurie de nouveautés marque aussi un retour à la réalité et révèle l’absence d’une idée fédératrice sur la question « comment sera la voiture de demain ? ». Ces dernières années, c’était aux modèles électriques d’apporter une pseudo-réponse. Aujourd’hui, hormis pour Renault qui espère encore imposer sa Zoé, l’échec de l’électrique « grand public » est acté. Dans sa forme actuelle, dotée d’une batterie chère, encombrante, peu autonome et lente à recharger, la voiture électrique n’est tout simplement pas compétitive. Sans parler du fait que, faute d’énergie renouvelable, elle n’a rien d’écologique. Si on veut vendre des voitures, il est préférable d’avoir des hybrides dans son portefeuille. Et si, de surcroît, on souhaite gagner de l’argent, c’est encore mieux si le catalogue ne contient que des modèles à motorisation classique.
Nouvelle page
Que faire alors pour sortir de la crise du secteur qui reste, pour l’instant, cantonnée à l’Europe ? Justement, sortir de l’Europe, d’abord, avec des modèles proposés partout dans le monde (Ford Mondeo) ou adaptés à un coût raisonnable au marché local (Opel Mokka). La montée en gamme (Opel Adam) reste une échappatoire, tout comme la descente (Citroën C-Élysée). Avec ses 208 XY et 301, Peugeot prouve même qu’on peut pratiquer les deux simultanément, même si ce n’est pas au même endroit. Pendant que Dacia capitalise sur son atout prix en devenant un grand constructeur, un vrai, Clio et Golf écrivent une nouvelle page de leur saga. Et les marques allemandes inventent les dernières niches jusqu’alors inoccupées : BMW Active Tourer, Audi Crosslane Coupé et Porsche Panamera Sport Turismo sont là pour nous le rappeler. Bref, il reste beaucoup de professionnels de l’automobile qui en sont aussi amoureux, et ils entreprennent ce qu’il faut. Parfois, ils prennent même des risques inouïs, et cela mérite une récompense. La plus belle serait de ne pas faire semblant de se désintéresser de l’automobile.
(Source :
automobile-magazine.fr)


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