Alors que le comptage final des voix se poursuivait hier, le président Mikhaïl Saakachvili avait concédé dès mardi la défaite de son Mouvement national unifié face à la coalition d’opposition Rêve géorgien du milliardaire Bidzina Ivanichvili, et assuré qu’il faciliterait la formation d’un nouveau gouvernement. Appelé à devenir le futur Premier ministre, M. Ivanichvili avait aussitôt appelé mardi le président Saakachvili à démissionner avant la fin de son mandat en octobre 2013, avant de revenir sur ses propos hier. « Parler d’une présidentielle anticipée aujourd’hui est un signe d’irrespect à l’égard du peuple géorgien et viole la Constitution », a déclaré entre-temps le président sortant du Parlement, David Bakradzé, proche de M. Saakachvili. Le chef du Conseil national de sécurité géorgien, Giga Bokeria, avait souligné mardi soir que la présidentielle aurait lieu en 2013 comme prévu, et mis en garde l’opposition contre un « jeu dangereux ».
« La cohabitation s’annonce difficile dans un système politique qui reste assez féodal », a estimé l’analyste politique indépendant Thomas De Waal. Pour Alexandre Rondeli, de la Fondation géorgienne pour les études stratégiques et internationales, il ne sera « certainement pas facile » pour MM. Saakachvili et Ivanichvili de « trouver un terrain d’entente ».
Hier, la Russie a dit espérer une « normalisation de ses relations » avec la Géorgie. « Il est évident que la société géorgienne a voté pour le changement. Nous espérons qu’au bout du compte, il permettra à la Géorgie d’entamer la normalisation et l’établissement de relations constructives et respectueuses avec ses voisins », a déclaré Alexandre Loukachevitch, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères. Moscou n’a plus de liens diplomatiques avec Tbilissi depuis la brève guerre russo-géorgienne d’août 2008. La France, elle, a appelé les parties en présence à « veiller à une transmission du pouvoir respectueuse de l’ordre constitutionnel et de la continuité de l’État ». La Grande-Bretagne a salué une « avancée significative » pour la démocratie et souligné qu’il fallait maintenant pour les parties en présence « mettre leurs différences de côté pour travailler ensemble ». Le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a émis le même message, félicitant « le peuple géorgien » pour ces élections « libres et pacifiques », et affirmant le souhait de l’Alliance atlantique de rendre « encore plus fortes » ses relations avec Tbilissi.
(Source : AFP)

